08.12.2009

Votre raison d'être profonde par Eckhart Tollé


 

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« Dès que vous dépassez le plan de la survie, les questions du sens et de la raison d'être se mettent à avoir une importance primordiale dans votre vie. Beaucoup de gens se sentent pris par la routine quotidienne qui semble priver leur vie de sens. Certains croient qu'ils sont passés ou passent à côté de leur vie. D'autres se sentent extrêmement limités par les exigences familiales et parentales, par leur situation financière ou par leur situation de vie. Certains autres sont minés par le stress et d'autres encore par l'ennui. Certains sont pris par l'activité effrénée, d'autres par l'apathie. Nombreux sont les gens qui aspirent à la liberté et à l'expansion conférées par la prospérité.

De nombreux autres jouissent déjà de la liberté qu'accorde la prospérité et découvrent malgré tout que celle-ci ne suffit pas à donner un sens à leur vie. Aucun prétexte extérieur ne peut servir à découvrir notre vraie raison d'être, qui ne peut se situer sur le plan concret. Notre vraie raison d'être ne concerne pas ce que nous faisons, mais ce que nous sommes. Elle concerne notre état de conscience.

La chose la plus importante à réaliser est la suivante : votre vie a une raison d'être intérieure et une raison d'être extérieure. La raison d'être intérieure est primordiale et concerne l'Être. La raison d'être extérieure est secondaire et concerne le faire. Celles-ci sont si entremêlées qu'il est presque impossible de parler de l'une sans parler de l'autre.

Votre raison d'être profonde, c'est de vous éveiller. Aussi simple que ça ! C'est la raison d'être que tous les humains de cette planète ont en commun puisque c'est la raison d'être de l'humanité. Cette raison d'être fait essentiellement partie de la raison d'être du Grand Tout, de l'univers et de son intelligence. Quant à votre raison d'être extérieure, elle peut changer avec le temps et varier beaucoup d'une personne à l'autre. Trouver sa raison d'être profonde et se syntoniser sur elle est ce qui nous permet de manifester notre raison d'être concrète. Sans cette syntonisation, vous pouvez certes accomplir un certain nombre de choses par l'effort, la détermination, la combativité, le travail acharné ou la ruse. Mais, aucune joie n'émane de ces accomplissements, qui finissent invariablement par la souffrance sous une forme ou une autre.

Aussi longtemps que vous serez inconscient de l'Être, vous chercherez une signification seulement dans la dimension du faire et du futur, autrement dit dans la dimension du temps. Et toute signification ou satisfaction se transformera en déception à un moment donné et sera invariablement détruite par le temps. La signification que nous trouvons sur ce plan n'est que relativement et temporairement vraie.

Je ne dis pas qu'aider les autres, prendre soin de vos enfants ou viser l'excellence soient des choses sans valeur. Pour bien des gens, ces activités constituent une importante partie de leur raison d'être dans le monde concret. Mais cette raison d'être extérieure est toujours relative, instable et impermanente. Cela ne veut pas dire qu'il faut vous abstenir de vous engager dans ces activités. Cela veut dire que vous devez les harmoniser avec votre raison d'être première et intérieure pour donner un sens plus profond à ce que vous faites.

Si vous ne vous alignez pas sur votre raison d'être première, tout objectif que vous vous donnerez, même si c'est de créer le paradis sur Terre, sera un produit de l'ego et sera détruit par le temps. Tôt ou tard, il mènera à la souffrance. Si vous ne tenez pas compte de votre raison d'être profonde, peu importe ce que vous ferez, même si cela a l'air de nature très spirituelle, l'ego s'immiscera dans le comment et le moyen viendra corrompre la fin. Le dicton qui dit que "La route vers l'enfer est pavée de bonnes intentions" met le doigt sur cette réalité. Autrement dit, ce ne sont ni vos activités ni vos objectifs qui sont primordiaux. C'est l'état de conscience dont ils émanent qui l'est. L'accomplissement de votre raison d'être première jette les bases d'une nouvelle réalité, d'une nouvelle Terre. Une fois que les bases sont là, votre raison d'être extérieure prend une forte coloration spirituelle, étant donné que vos objectifs et intentions ne font qu'un avec la pulsion évolutive de l'univers.

Lorsque vous considérez ce que vous faites [à l'instant] ou ce que vous êtes comme la principale raison d'être de votre vie, vous éliminez le temps. Ceci vous donne un pouvoir incroyable. L'élimination du temps dans ce que vous faites crée un lien entre vos raisons d'être intérieure et extérieure, entre l'être et le faire. Lorsque vous éliminez le temps, vous éliminez l'ego. Quoi que vous fassiez, vous réussirez merveilleusement bien, puisque le faire devient le point central de votre attention, puisqu'il devient un canal par lequel la conscience arrive jusqu'à ce monde. Il y a donc de la qualité dans ce que vous faites, même dans le geste le plus anodin, comme tourner les pages de l'annuaire du téléphone ou vous déplacer d'une pièce à une autre. La raison d'être à tourner les pages a comme seul objectif de tourner les pages. L'objectif second est de trouver un numéro de téléphone. La raison d'être à passer d'une pièce à une autre est de passer d'une pièce à une autre. L'objectif second est d'aller chercher un livre. Dès que vous saisissez le livre, ce geste devient votre objectif premier.

C'est à partir des petites choses que l'on honore et dont on prend soin que les grandes choses naissent. La vie de chacun n'est vraiment faite que de petites choses. La grandeur est une abstraction mentale, le fantasme favori de l'ego. Il y a un paradoxe qui veut qu'honorer les petites choses du moment présent, au lieu de poursuivre l'idée de grandeur, serve de fondation à la grandeur. Le moment présent est toujours petit dans le sens où il est toujours simple. Mais au fond de lui se cache le plus grand des pouvoirs. Le moment présent ressemble à l'atome. Il est une des plus petites choses existant, mais qui détient un pouvoir énorme. C'est seulement lorsque vous vous syntonisez sur le moment présent que vous avez accès à ce pouvoir. Ou, plus justement dit, c'est lui qui a accès à vous, et par vous, au monde. C'est de ce pouvoir dont Jésus parlait quand il a dit : "Ce n'est pas moi, mais le Père en moi, qui fait le travail. Je ne peux rien faire de moi-même." (Jean, XIV, 10) L'anxiété, le stress et la négativité peuvent vous couper de ce pouvoir. Et l'illusion que vous êtes dissocié de ce pouvoir régissant l'univers tout entier refait surface. De nouveau, vous vous sentez seul, à vous battre contre quelque chose ou à essayer d'accomplir ceci ou cela. Mais pourquoi l'anxiété, le stress et la négativité sont-ils apparus ? Parce que vous vous êtes détourné du moment présent. Et pourquoi avez-vous fait cela ? Parce que vous avez pensé que quelque chose d'autre était plus important. Vous avez oublié votre raison d'être première. Une petite erreur, une mauvaise interprétation créent un monde de souffrance.

Alors, soyez loyal envers la vie en étant loyal envers votre raison d'être intérieure. Dès que vous devenez présent et, par conséquent, total dans ce que vous faites, vos gestes se dotent d'une force spirituelle. Au début, il n'y aura pas de changement notable dans ce que vous faites. Il y en aura seulement dans le comment. Votre raison d'être première est maintenant de permettre à la conscience de transpirer dans ce que vous faites. Alors que la notion de raison d'être était auparavant toujours associée au futur, une raison d'être plus profonde apparaît qui peut seulement être trouvée dans le présent, par la négation du temps.

Quand vous rencontrez des gens, au travail ou ailleurs, accordez-leur votre attention totale. Vous n'êtes plus principalement là en tant que personne, mais en tant que champ de conscience, de Présence vigilante. La raison qui vous a originellement fait entrer en contact avec l'autre personne (acheter ou vendre quelque chose, demander ou donner des renseignements, etc.) devient secondaire. Le champ de conscience créé entre vous deux devient la principale raison d'être de l'interaction. Cet espace de conscience devient plus important que ce dont vous parlez, plus important que les objets ou les pensées. L'être humain devient plus important que les objets de ce monde. Cela ne veut pas dire que vous négligez ce qui doit être fait sur le plan pratique. En réalité, le faire se déroule non seulement plus facilement, mais plus puissamment lorsque la dimension de l'être est reconnue. Le faire devient ainsi secondaire. L'avènement de ce champ unifié de conscience entre les êtres humains est le facteur le plus essentiel dans les relations sur la nouvelle Terre. »

Eckhart Tolle

par el kaal

http://www.choix-realite.org/?3868-votre-raison-d-etre-profonde-par-eckhart-tolle

11:55 Écrit par Deniz dans Autres textes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : temps, etre, present, ego |  Facebook |

07.12.2009

Pour la libération : « ouvrons-nous grand à la vie ! »

 

 

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Quand les chaînes du Passé se brisent, la Liberté est rendue au Présent ! Dans le libre Présent uniquement résident Paix et Bonheur !

Mais comment vivre libre au Présent lorsque l'on continue malgré notre meilleure volonté à être tiraillé par nos vieux démons ? Comment être soi-même lorsque la souffrance enfouie nous ampute dans notre épanouissement, engendrant mal-être voire même maladies ?

Certes, je peux déjà en parler à quelqu'un, afin de diminuer la pression intérieure, et c'est déjà une grande aide si j'ai pu trouver une écoute neutre et bienveillante pour m'autoriser à exprimer ce que j'ai sur le cœur et lâcher ainsi les émotions que je réprime et qui me pèsent. Mais soulever le bouchon pour laisser échapper la vapeur ne réglera pas mon problème définitivement si le feu est toujours allumé sous ma cocotte ! Est-il alors nécessaire que je connaisse la composition exacte du gaz qui brûle en moi, en allant méticuleusement rechercher l'origine de toutes mes blessures intérieures ? Cette approche peut donner de bons résultats au départ, les prises de conscience me permettant de vider plus vite cette bouteille de gaz sclérosant, mais elle devient souvent vite laborieuse et décourageante lorsque ma focalisation excessive sur le passé paralyse ma marche en avant. N'existerait-il pas une autre voie, plus rapide ? Ne serait-il pas plus simple que je ne présente plus d'allumette quand le gaz arrive ?

« En réalité, la solution se trouve en nous, dans notre manière de percevoir le monde et dans la relation que nous avons avec... nous-mêmes. À partir de là, nous pouvons opérer efficacement sur tout ce qui émane de nous. Si nous regardons un paysage à travers un prisme déformant, il risque de nous décevoir. Dès que nous corrigeons les verres de nos lunettes, il peut alors nous apparaître dans toute sa munificence. Nous avons tous en nous un miroir déformant qui perturbe en permanence notre vision, nous piège de mille manières et nous fait prendre à longueur de temps des vessies pour des lanternes. Son nom comporte trois lettres... Il sera très utile de mieux le connaître pour apprendre à déjouer ses facéties et retrouver la sérénité. De même qu'une fois les nuages balayés le soleil brille, une fois le caillou ôté la source jaillit, une fois les taches nettoyées la transparence de la vitre se révèle, dans cette approche, on ne cherche pas à créer la lumière : on sait qu'elle est là, qu'elle a toujours été là ; on observe simplement ce qui l'empêche de briller en nous, ce qui bloque ou entrave son rayonnement. À première vue, nous aurons l'impression d'avoir affaire, en réalité, à une multitude d'obstacles : les résistances qui empêchent l'entrée de la lumière sont aussi nombreuses que les feuilles, les rameaux, les branches qui nous font de l'ombre sous le grand arbre de notre vie. Nous tentons alors de procéder à des élagages, des coupes, au risque de nous rompre le cou en escaladant le tronc, en rampant sur les branches, en cueillant les fruits, en ôtant les feuilles les unes après les autres... Cependant, une fois ce travail méticuleux accompli, nous devrons constater que de nouvelles pousses apparaissent, que des ronces s'élancent vers le ciel dès que nous avons le dos tourné... et que le travail doit être sans cesse renouvelé. Tel un jardinier consciencieux qui nettoie sans cesse son lopin de terre, nous risquons de passer toute notre vie dans ces taillis sans pouvoir empêcher les ronces et les chardons d'envahir notre jardin. Nous sommes alors contraints d'en prendre notre parti et de recommencer sans cesse le même travail, sans résultat satisfaisant. Pour se libérer définitivement des buissons, des ronces ou des broussailles, notre jardinier devra recourir à une solution radicale : arracher les racines. N'est-ce pas le seul moyen d'empêcher les repousses intempestives ? Non pas nous contenter d'émonder, de couper et de sectionner les pousses et excroissances, mais déraciner le problème qui engendre tous les autres et nous empêche de trouver une totale plénitude. »

Pour ne pas toujours retomber dans les mêmes erreurs, je dois voir, ressentir, et comprendre profondément les processus (corporels, émotionnels et mentaux) qui génèrent ma souffrance, afin qu'à l'avenir je puisse moi-même m'en préserver en ne les alimentant plus. Cela signifie prendre conscience, dans toutes ses ramifications, de la véritable racine du problème, qu'il me suffit d'extirper de moi pour atteindre la Libération intérieure et l'Éveil. Il ne s'agit pas alors d'une nouvelle technique à apprendre, mais d'un état d'être à dé-couvrir en moi, qui me permet d'aborder la vie avec un regard neuf et clair.

« Jugée parfois difficile, [cette approche] est cependant un merveilleux raccourci vers le but. [...] elle est d'une étonnante simplicité [...]. Ne requérant a priori ni foi, ni credo particulier, ni engagement dans aucune institution ou groupe spirituel, elle s'adresse indistinctement à tous, croyants ou non-croyants, et tout spécialement à ceux qui souhaitent cheminer sur leur propre voie, sans dépendance vis-à-vis de quoi que ce soit ou de quiconque. Elle ne nécessite même pas la guidance autorisée d'un Maître extérieur et s'en remet à la compétence du Maître intérieur, le seul vrai Maître. Par ailleurs, elle ne demande pas de quitter le monde, d'entrer dans le silence, ni même de devenir adepte de la méditation pendant de longues années. Cette dernière pratique est d'ailleurs appelée parfois "voie de la fourmi", tandis que la voie de la compréhension se nomme "voie de l'oiseau" : elle est donc un précieux raccourci vers le but. Loin de nécessiter un retrait du monde, irréaliste pour beaucoup, elle se pratique au cœur de la vie active et même, paradoxalement, c'est là qu'elle excelle et produit les meilleurs résultats ! Contrairement aux autres chemins spirituels qui nécessitent silence, recueillement et concentration - conditions si difficiles à réaliser aujourd'hui - elle s'accommode fort bien de l'agitation, du bruit et même des turbulences du monde moderne. Ne nécessitant pas de se protéger du stress, ni de se mettre à l'écart - ce qui n'est pas non plus sans intérêt - elle se pratique au sein même de l'action et de la "pâte humaine", en plein vent et même dans la violence des cyclones. Le lecteur se sentira sans doute intrigué par une proposition qui semble si contraire aux enseignements classiques basés sur l'ascèse, le renoncement, la quête du silence. Qu'il se tranquillise en sachant que cette voie n'est pas une création nouvelle, mais un chemin traditionnel, mal connu certes, souvent éclipsé par d'autres approches plus ésotériques ou confiné à une élite intellectuelle. Mais, que l'on se rassure, il est véritablement à la portée de tous. Il ne nécessite aucune qualité intellectuelle spéciale, sinon une attention et une vigilance qui s'acquièrent avec la pratique. »

Daniel Maurin Extrait de Déjouer les pièges de l'ego (Editions Jouvence)

C'est pourquoi observons attentivement en nous ! Uniquement dans le Présent repose la vraie vie, et vivre pleinement au présent n'est possible qu'en étant constamment présent à nous-même et à nos ressentis. Cette Vigilance de chaque instant nous affranchit alors automatiquement de l'emprise de nos mémoires émotionnelles du passé et de celle de nos pensées compulsives, donc nous libère de notre assujettissement au mental, source de tous nos maux. Laissons donc fluer la vie à travers nous et savourons-en pleinement chaque instant !

par joss

http://www.choix-realite.org/?3869-pour-la-liberation-ouvrons-nous-grand-a-la-vie

30.09.2009

Cours de Sagesse N° 47


 

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Pourriez-vous nous dire comment vivre l'instant présent   ?

« Pour votre paix intérieure et aussi pour votre évolution, il est très important de vivre le temps présent. Cela ne veut pas dire de ne pas créer par la pensée ce que vous avez à créer. Vivre l'instant présent, c'est ne surtout pas se projeter en permanence sur le passé, ce qui freine considérablement votre évolution.

Vous pouvez certes penser à des petits moments de votre vie, mais sans que cela ne vous touche émotionnellement !

Surtout ne vous projetez pas sur un devenir catastrophique, de maladie, de tristesse ou de souffrance ! Même si vous ressentez une souffrance dans l'instant présent, celle que vous projetez ne sera pas celle que vous vivrez réellement car vous évoluez chaque jour, et même si vous ne vous en rendez pas compte vous pourrez aborder les passages de votre vie qui pourraient être difficiles d'une manière complètement différente de celle que vous appréhendez en ce moment.

Le futur et le passé n'existent plus. Imaginez donc ce que vous voulez sans aucune émotion, tout simplement comme si vous lisiez un livre d'histoires ou si vous créiez une nouvelle histoire sans émotion, sans sentiment, en étant totalement neutre. Ainsi il n'y aura aucune influence sur votre présent et vous pourrez le vivre pleinement.

Nous allons vous donner un exemple tout simple : chacun de vous travaille et peut penser : « Demain ma journée sera difficile ! J'ai encore ceci et cela à faire. » Vous créez donc une difficulté et celle-ci sera peut-être pire ou peut-être aussi cent fois moins importante que celle que vous avez créée.

Alors il est mieux de penser ainsi : « Demain j'aurai très certainement une journée difficile ou fatigante, mais avec l'Amour que j'ai au cœur, l'aide considérable de la partie Divine qui demeure en moi et celle de tous mes frères de Lumière, cette journée se passera merveilleusement bien et je n'aurai aucune difficulté à la vivre. »

Comprenez-vous la différence ? Même si vous avez des moments difficiles en prévision, projetez toujours la Lumière, la facilité, la simplicité, la sérénité et l'Amour sur ces difficultés et elles pourront se transformer comme par magie.

Comme nous vous l'avons déjà dit, vous êtes l'artisan de votre présent et aussi de votre futur. Vos pensées et vos actes auront de plus en plus de puissance et de force ! Alors essayez de diriger toujours le mieux possible vos pensées, vos paroles, vos sentiments et vos actes.

Nous aimerions vous dire pour terminer : essayez de ne pas vous considérer toujours comme seul dans vos œuvres, dans votre travail, dans vos relations. Nous sommes toujours présents près de vous ! Parfois nous vous parlons mais vous êtes tellement préoccupé que vous ne nous entendez pas !

Soyez un peu plus attentif à notre présence car nous pouvons tellement vous donner, tellement vous faciliter votre tâche ! Ayez en conscience, essayez de simplifier votre vie au maximum et tout ira beaucoup mieux pour vous tous ! »

 

Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :

  • qu'il ne soit pas coupé
  • qu'il n'y ait aucune modification de contenu
  • que vous fassiez référence à notre site  http://ducielalaterre.org
  • que vous mentionniez le nom de Monique Mathieu

http://ducielalaterre.org/fichiers/cours_de_sagesse/cours_n__47_Ug1.php

20.09.2009

Douche divine

 

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 Je t'invite à accueillir une douche divine.

Dans ton imaginaire tu peux voir que tu tends les bras vers le ciel, en accueil, en ouverture.

Cette douche vient ramener à la Terre toutes les sécrétions émotionnelles.

Elle nettoie ton corps et tous tes chakras.

...

N'oublie pas de respirer.

Ce nettoyage est important.

Tous les jours la vie t'envoie des expériences pour t'apprendre à te centrer, à te dépasser, à comprendre tes schémas, tes réflexes, pour t'inviter à te transformer, et ces expériences font que tu émanes plus ou moins des émotions. Ces émotions qu'elles soient dans ton échelle de valeur bonnes ou mauvaises, sont justes. Ce qui n'est pas juste c'est qu'elles se cristallisent, qu'elles trouvent un point d'ancrage en toi et qu'elles freinent l'énergie vitale et qu'elles grandissent. C'est pour cela qu'il est important que tu reçoives régulièrement cette douche divine, nettoyage parfait de tout ce qui est là en toi.

Ce nettoyage te permet de voir plus clair et de retrouver le chemin de ton cœur ou de t'enfoncer encore plus en toi.

...

Petit être, tu te sens petit face à l'immensité de l'Univers.

Sache que je t'aide à retrouver petit à petit une autre dimension de toi, une sensation d'être bien plus grand, bien plus vaste. Cette sensation est importante dans la liberté que tu souhaites retrouver, parce que cette sensation fait dépasser les limites corporelles. Ces sensations te font comprendre que tu n'es pas que ce corps, que cette personnalité, que cette humanité.

...

Tu peux t'imaginer en cet instant avoir tes bottes de sept lieues à tes pieds et sauter d'étoile en étoile, parce qu'en cet instant tu as dépassé les limites de ton corps et tu peux à l'infini te promener dans l'Univers. Cet exercice de ton imagination va te permettre de dépasser tes limites, d'aller encore plus loin dans ta perception universelle.

...

C'est dans le silence qu'aujourd'hui je t'ai invité à lâcher, lâcher prise, à te laisser glisser vers l'infini.

N'oublie pas de respirer et ressens pleinement l'instant présent, ce qui est là, les perceptions que tu as, que ce soit dans ton corps, dans ton cœur, dans ta tête, dans tes pieds.

Perçois les frontières que tu as dépassées aujourd'hui.

...

A présent tu vas pouvoir te recentrer dans le cœur, ton cœur physique, revenir dans tes pieds, tranquillement, à ton rythme. Ne vas pas trop vite.

Tu redessines les contours de ton corps pour revenir à ton humanité.

Et je te dis :

« Parce que je t'aime infiniment, aime-toi, toi, infiniment.

Aime-toi sans orgueil, sans chercher à te valoriser.

Aime-toi dans une grande simplicité, une simplicité divine.»

 

Je te bénis.

 

Transmission canalisée par Isabelle Daré   le   1 septembre 2009

http://www.coeur-orseraphin.com/?t=709

02.07.2009

L'ego

 

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Ce que nous nommons "ego" n'est rien de plus qu'une pensée. A l'instant même de l'action, il y a seulement action, il n'y a pas d'acteur. L'acteur apparaît en même temps que la pensée "j'agis". Avant la naissance de cette pensée, il n'y a pas d'acteur. Cette personne nommée moi-même n'a donc pas d'existence en dehors de mon propre esprit.

Du fait de l'identification avec le corps-mental, je me prends pour ce que je vois. Lorsque la conscience émerge que je ne suis pas ce que je vois, mais la vision elle-même, l'illusion de la personne disparaît. Ce que nous nommons "la personne" a un intérêt fonctionnel, mais vous n'avez pas besoin de vous prendre pour elle. Vous n'êtes pas le corps-mental. Vous en êtes le connaisseur. Le connaisseur n'est pas une pensée. Il est la conscience elle-même. La conscience n'a pas de caractéristiques personnelles : pas de forme, pas de goût, pas de couleur, pas d'odeur. La conscience se sait, mais "vous" ne pouvez pas la connaître en tant qu'objet.

Quelle est la signification d'une structure égotique saine, du point de vue de la psychiatrie conventionnelle ?

La psychologie et la psychiatrie considèrent qu'une solide structure égotique est nécessaire pour un fonctionnement correct dans la vie quotidienne. Que cela signifie-t-il ? Je dirais d'apprendre à dire "oui", "non", ou "je ne sais pas". Nous sommes habituellement enfermés dans nos peurs, telle que la peur d'être rejeté, de ne pas être aimé, d'être seul. Toutes ces peurs sont l'expression d'un ego cherchant une compensation, une sécurité. Il nous faut ainsi clarifier notre écoute intérieure, afin de ressentir à chaque instant et dans chaque situation ce qu'est la réponse, l'acte ou la parole juste. Cette qualité d'écoute est la maturité. Agir en fonction de cette voix intérieure amène l'authenticité.

D'un tel point de vue, construire un ego solide n'a pas de sens, mais savoir écouter le son juste est le signe d'une clarté dans la compréhension.

Quelle est l'utilité, sur le plan mental, du développement d'un ego très solide lors du processus de maturité de l'enfant ?

Le jeune enfant est encore innocent. Mais, ainsi que Ramana Maharshi le disait si bien : "un sage est un enfant sans les racines de l'ego". L'enfant contient, de manière latente, les images de lui-même et les opinions qui vous constituer le soi-disant "moi-même", une vision conditionnée de ce que nous sommes. Comme les branches de l'arbre qui croissent, les idées sur nous-mêmes se développent et établissent un sens d'être, basé sur l'idée que je suis quelqu'un, et que ce "quelqu'un" est séparé du tout. La rupture de cette construction mentale est généralement douloureuse. Plus forts sont les attachements, plus intenses sont les chocs que la vie devra donner, afin de briser l'identification avec le corps-mental. C'est seulement dans l'absence d'une image de soi que la liberté d'être peut être réellement goûtée.

Nous voyons des gens souffrir d'un ego très faible, et ne pouvant même pas subvenir aux besoins de base de leurs vies, et laissés seuls suivre une voie spirituelle sérieuse. Quelle est la relation entre le développement d'un ego et le dépassement de l'ego sur une base solide ?

Avant d'abandonner l'identification avec le corps-mental, il nous faut le connaître. Le connaître signifie l'observer. Observer signifie voir sans conclure et sans interpréter. Nous avons ainsi besoin tout d'abord d'apprendre à observer et à écouter. En prenant note de notre habitude d'analyser et d'interpréter, tôt ou tard cette habitude apparaîtra comme une défense non fondée, et disparaîtra. Dépasser l'ego est simplement être ce que nous sommes. Cette simplicité d'être émerge à travers l'élimination des idées et des opinions que nous avons sur nous-mêmes. Cela ne signifie pas qu'il ne vous est pas possible d'avoir des idées et des opinions, mais simplement que vous ne vous identifierez pas avec.

D'une certaine manière, la dimension spirituelle peut être une fuite. Le mental crée un nouveau but immatériel à atteindre, nommé Dieu ou la conscience. Mais ce but reste séparé de vous-mêmes. Cela signifie qu'il y a un "vous", et un "Soi supérieur". Cette division est créée par la pensée. La pensée sépare. L'être unifie. Vous ne pouvez pas penser ce que vous êtes. Vous pouvez seulement l'être. Penser est une fuite de l'expérience de l'instant. L'expérience de l'instant présent ne peut être pensée. Autrement, elle appartient déjà au passé. Le moment présent ne peut ainsi qu'être vécu. Vivre le présent n'est pas le penser.

Quel est le prix mental à payer de se forcer à agir comme si la structure de l'ego était dissoute, ou de croire qu'elle n'a jamais existée, alors qu'en réalité il ne s'agit que d'une illusion mental sans une réelle compréhension organique ?

Agir et vivre comme si vous étiez pure conscience est un moyen de goûter à la liberté d'être. Mais la vie est un grand enseignant, et démasque toutes les illusions résiduelles, en créant des situations imprévues qui vont contrarier vos désirs cachés. La souffrance réapparaît. A cet instant, les attachements latents peuvent être clairement vus. A l'instant même où l'attachement est vu, vous vous expérimentez comme étant libre de lui. Vous n'êtes pas l'attachement, vous en êtes le connaisseur. Et le connaisseur de l'attachement n'est pas attaché, il est en dehors de tout attachement. Il n'est que liberté.

Une interview du Dr Jean-Marc Mantel par la revue "Alternative Life", Israël Décembre 2002

source: jmmantel.net

Publié par presence

http://www.choix-realite.org/?7457-l-ego

16.03.2009

Le juste mouvement

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Du « Juste Mouvement » ne viennent plus s'affronter des éléments opposés car la suite idéalement enclenchée s'enrichit considérablement de facteurs découlant de cette amorce si harmonieuse.

Une bonne parole favorise ce même déroulement et amène obligatoirement un regain de bonheur, non seulement à celui qui la reçoit mais aussi à celui qui la prononce.

Une fenêtre s'ouvre vers un monde adapté à vos réels besoins car « l'échéance » approche où tout sera purifié pour permettre au Nouveau de se manifester.

Soyez attentifs, chers enfants aimés, car demain peut venir et vous mettre devant des choix inattendus et des décisions qui orienteront considérablement votre avenir.

Le regard de l'enfant découvrant la vie vous apporte en ces temps ce qui vous manque encore.

Une attention particulière vous est encore demandée sans pour autant amener en vous crispations et tensions dans une attente figée.

Laissez venir ce qui est déjà décidé et observez car « l'important détail » pourrait bien vous échapper.

Rien de très compliqué, juste être présent à tout instant, en sachant que maintenant l'essentiel peut tout à fait arriver !

Nous demeurons volontairement évasifs pour vous donner l'envie de chercher à comprendre et donc d'être plus attentif et éveillé.

La « sève » commence à monter dans la nature qui s'ouvre au printemps. En vous aussi la « sève » s'éveille et si vous l'accueillez avec bonheur, elle va vous envahir et vous projeter plus loin, plus haut, sur votre chemin.

L'énergie qui circule en vous va grandir et favoriser le renouveau qui éveillera vos très nombreuses facultés. N'y faites plus obstacle et ouvrez-vous, donnez votre consentement pour qu'elle vous imprègne de cette sève de vie.

Les oiseaux par leurs chants vous montrent la voie et toute la nature est prête à exploser de la vie qui l'anime.

En vous c'est la même chose, le ressentez-vous ?

Si vous le ressentez, c'est la Joie qui vous le dit car rien ne peut arrêter l'élan ainsi donné.

Souriez car vous voici presque prêts, encore un peu de patience pour que tout soit accompli.

En attendant, aimez inconditionnellement et donnez tout ce que vous pouvez pour embellir la vie de ceux qui dorment encore.

Reçu le 1er mars 2009   Les guides de Sylvie.

La diffusion et la circulation de ce message sont  vivement conseillées. L'heure est venue pour faire rayonner à une plus grande échelle, ces énergies nouvelles, porteuses de Joies !

Pour recevoir automatiquement les messages des guides de Sylvie envoyer un courriel vide à

Source-de_Joie-subscribe@yahoogroupes.fr 

Ou aller directement sur le site :

http://fr.groups.yahoo.com/group/Source-de_Joie/message/478

Vous pouvez diffuser ce message à condition que l'intégralité en soit conservée et que la source ne soit pas modifiée.  Merci.

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01.03.2009

La quête de soi

 

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Il existe un trésor inestimable d'une splendeur bien au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Ce joyau est d'une grandeur infinie, d'une durée éternelle. C'est un potentiel illimité. Vous ne pouvez le capturer ni le posséder. Si vous le faisiez, cela le réduirait à l'état de quelque chose. Et ce n'est pas quelque chose, c'est avant toutes les choses.

Vous ne pouvez voir ce joyau car ce n'est pas un objet, c'est un sujet. Ce sujet c'est VOUS. Vous Lumière, Amour et Joie. Vous la Totalité. Toute manifestation est votre expression. Rien de ce qui existe n'est étranger à vous, tout est en vous et par vous.

Avez-vous réalisé cela ?

Si oui, c'est merveilleux. Vous avez découvert votre véritable nature. Vous passez votre existence à découvrir les profondeurs du Soi, à communier avec le divin.

Si non, une découverte inestimable vous attend. Il vous reste à lever le voile qui empêche cette rencontre intime avec votre véritable nature. L'idée qu'un moi existe est à l'origine de la souffrance. Réaliser que le moi est une illusion, que seul le Soi existe, libère du fardeau de la misère humaine.

Une fois que l'existence du «je» est admise, il ne reste qu'à s'identifier à cette croyance pour être vraiment piégé. L'identification au «je» est possible parce que vous avez la croyance que vous êtes un individu séparé et différent des autres. C'est une grande source de conflits. L'identification au «je» est la source de nos souffrances, de nos limitations et de notre quête de bonheur.

Nous avons pris l'habitude de nous réfugier dans le passé ou le futur pour fuir ce qui se passe en nous. Toute tentative de fuite est inutile. Tôt ou tard vous aurez à faire face à ce qui est. Commencez dès maintenant et n'arrêtez plus. Accueillez ce qui est là pour vous ici et maintenant. Il n'y a rien d'autre à faire. Le bonheur n'est pas ailleurs ni demain. C'est ici et maintenant dans l'accueil de ce qui est.

Êtes-vous habité par la certitude que la vie est autre chose que ce que vous vivez ? Sentez-vous cet appel de liberté et de vérité qui brûle en vous ? Alors poursuivez vos recherches et vous trouverez. Ne cherchez pas à l'extérieur, il n'y a rien. Cherchez à l'intérieur, cherchez surtout ce qui est derrière le chercheur et vous découvririez un espace où rien n'existe, rien d'autre qu'une présence aimante et lumineuse. Cette présence c'est Vous.

Être simplement ici et maintenant en mettant votre attention sur l'espace d'où émergent les pensées permet de goûter la simplicité d'être. C'est tellement simple, et le mental complique tout...

L'éveil spirituel n'est pas pour demain, ni pour des êtres spéciaux. C'est pour tous, ici et maintenant. Fondamentalement, vous êtes déjà éveillé!!! Votre individualité ne l'a simplement pas encore réalisé. Voulez-vous le réaliser ? Prenez un instant et écoutez le SILENCE, plongez et appréciez ce SILENCE. Le SILENCE a peut-être quelque chose à vous dire.

Ne parlez pas... Chut...

Laissez-Le vous parler... Écoutez...

Bonne rencontre avec vous-même.

http://www.eveilspirituel.net/

14.02.2009

Le bonheur est dans le pré-sent !

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Mais bon sang, c'est quoi le moment présent au juste ? On y est tout le temps, alors pourquoi tant en parler comme une chose difficilement accessible ? Qu'est-ce qui nous manque pour être dans le présent ? Que faut-il faire de plus ou de moins pour en profiter ? Il paraît que seul ce moment existe, que le temps terrestre est une illusion, que l'ego y perd alors sa puissance, ce qui nous amène enfin dans un état de paix, première étape du bonheur. Le temps est une illusion !!! Mais alors je suis en train de naître et de mourir maintenant aussi, et mes vies antérieures et futures se déroulent en même temps que celle-ci !!! Cela donne le tournis...

 

Difficile à comprendre et à croire, mais c'est pourtant bien le cas. Alors, comment est-ce possible ?  Il faudrait plutôt se poser la question : pourquoi ne voit-on qu'une fraction de notre Vie, celle de maintenant ? En effet, la Vie est bien multidimensionnelle, et tout se déroule maintenant, et ce maintenant change continuellement. Ce changement provient de l'évolution de notre conscience, de notre perception même de la Vie. La réponse est simple : nous ne voyons qu'une fraction à cause du voile qui nous empêche d'avoir conscience du Tout, et ne nous donne qu'une vision très limitée de notre véritable Etre. Ceci a pour but d'expérimenter de manière séquentielle et optimale la vie terrestre, et pas tout en même temps, ce qui ne serait pas très enrichissant car il y aurait trop d'interférences et d'influences. De ce fait, nous n'avons conscience que d'une tout petite partie de notre Vie : tout comme en tant qu'individu notre conscience nous est propre et ne pouvons « être dans la tête des autres », le voile nous empêche d'avoir connaissance de nos autres moi, ou autres facettes de notre Moi. Ceci est dû au fait que nous ne pouvons avoir qu'une pensée à la fois, que notre conscience linéaire n'est pas ouverte à la multidimensionnalité. C'est comme si on essayait de comprendre les règles du jeu d'échecs, alors qu'un cache ne nous permet de voir qu'une seule case, chacun de nos moi voyant une case différente.

 

Par contre, à côté de tout ce qui nous sépare, il existe un endroit de convergence : le moment présent. C'est dans la conscience de son état d'être maintenant que le voile peut se lever et qu'on peut s'ouvrir à la multidimensionnalité. Si c'est si simple, pourquoi ne le fait-on pas ? Essayez de le faire et vous verrez (comme dans une méditation), vous ne tiendrez pas longtemps à vous concentrer sur ce qui se passe maintenant et à élargir ainsi cette fenêtre : ce coquin d'ego va tout faire pour nous distraire du présent en nous focalisant sur des pensées et des émotions (principalement de peur) relatives à ce que nous croyons être le passé et le futur, mais en tout cas autres que notre état d'être présent. Le comble, c'est que nous ne pouvons avoir conscience que de notre vie présente, mais que nous en sommes constamment détournés ! L'ego est une énergie créée dès notre enfance (éducation) et influencée par les égrégores, ancrée au plus profond de nos cellules : pour pouvoir survivre, cette énergie s'alimente en détournant la Nôtre ! Pour ce faire, elle nous focalise sur des états de mal-être en dehors du présent : peur, manque, besoin, frustration, colère...Ces pensées et ces émotions alimentent ainsi l'ego, qui hélas en veut toujours plus. Toutefois, l'ego n'est ni si malin ni si puissant qu'on pourrait le croire, en fait sa force vient du fait qu'il opère en cachette, dans l'ombre, à notre insu.  Ainsi, à partir du moment où on prend conscience de sa réalité et de ses manigances qui deviennent alors évidentes, on projette de la lumière dessus, on le démasque, et il perd sa puissance. On réalise alors qu'il n'y a aucune peur et aucun manque à avoir dans le moment présent, véritable bulle de protection qui appelle au bien-être : rien de mal ne peut m'arriver maintenant, par contre je peux me souvenir de blessures passées et je peux m'imaginer les pires tracas à venir, mais pas à l'instant même.

 

Nous sommes ainsi constamment « décentrés » de la Vie, ce qui renforce le voile et nous déconnecte de notre Moi Supérieur et de ses énergies d'Amour. Cette conscience de l'instant est détournée par l'ego pour nous faire voyager en pensées et en émotions « en dehors », que nous appelons passé et futur : ceux-ci n'existent que par notre mental, par la focalisation de nos pensées hors du temps présent, donc de notre état de bien-être présent. Si ces pensées correspondent à des souvenirs, nous appelons cela passé, et si c'est des anticipations, nous appelons cela futur. Et il faut bien admettre que la majorité de nos pensées dans ces deux cas correspondent à des émotions de mal-être : ne nous souvenons-nous pas plus facilement d'expériences douloureuses, n'anticipons-nous pas davantage des événements futurs que nous craignons ? Voici un exemple parlant de détournement : l'envie. J'ai envie de chocolat, c'est comme si toutes mes cellules tapaient du couvert sur la table pour en réclamer, mon ego focalise mon attention sur ce besoin : su tu en manges, tu SERAS heureux !  Et comme mon ego travaille dans l'ombre, il a les mains libres pour en plus m'injecter des émotions de frustration si je ne mange pas le chocolat tant espéré, et de culpabilité si je vais vers l'armoire...pas facile de travailler dans l'ombre ! Eh oui, mon conditionnement me dit : le chocolat fait grossir...J' hésite, puis je me dis le cœur soulagé : bah, ce n'est pas pour une fois, c'est n'est pas un petit bout de chocolat qui va me faire prendre un kilo, je ne craque pas mais je décide « de moi-même » d'en prendre dans l'armoire, ça va me faire du bien au moral...je l'ai bien mérité...Voilà, j' ai le bout de chocolat en main, prêt à le mettre en bouche : et là, il se passe un tour de magie ! L'ego ayant obtenu ce qu'il voulait (combler un besoin), va immédiatement détourner mon attention sur autre chose pour sustenter son énergie, si bien qu'en mangeant (moment présent), je vais faire des gestes comme un automate, je vais être détourné du plaisir d'avoir le chocolat en bouche : sans m'en apercevoir,  je vais penser à autre chose, je vais être déconnecté de ce moment que j'anticipais être du pur bonheur. Encore mieux, mon ego va me faire croire que l'objectif maintenant est de vite terminer le bout de chocolat que j'ai en mains : ça va te salir les mains si tu traînes, et ce n'est que quand tu auras fini que tu te sentiras mieux...Et voilà, sans m'en rendre compte, le chocolat est avalé, fini...Quelle horreur, non seulement je n'ai pas pris plaisir à le manger, mais j'ai englouti toutes ses calories...je grossis pour rien !!! Mais on ne m'y reprendra plus...jusqu'à la prochaine fois !

 

Autre exemple de détournement : la dualité, on définit une chose par son contraire. Comment sait-on qu'on aime une personne ? Le moyen le plus courant : cette personne nous manque quand elle n'est pas là ! Incroyable mais vrai, on définit l'amour sentiment par l'intensité de sa frustration !! Je pense tout le temps à lui ou à elle, il/elle me manque, j'ai tant besoin de recevoir son amour, son attention, sa complicité, il/elle fait partie de moi, sans lui/elle, je ne suis pas entier, je ne peux concevoir ma vie sans lui/elle...Et comme pour le bout de chocolat, quand on est en présence de l'être aimé, on pense à tout sauf au bonheur présent, à prendre conscience de la chaleur du sentiment d'amour, à ressentir la flamme dans son cœur et la joie, la légèreté qu'elle procure, à se sentir si bien, à profiter de l'instant magique...On est encore détourné vers des pensées futiles qui nous décentrent dans le passé ou le futur : pourquoi cette dispute l'autre jour, quand te reverrai-je ? Tu vas bientôt partir et tu me manques déjà ! Alors que je sais que je t'aime, je suis triste avec toi car tu ne me combles pas comme « je » voudrais ! Comme on en veut toujours plus, et que l'être aimé n'est qu'un humain à nos yeux, avec son propre ego, donc forcément limité, on ne sait pas profiter du bonheur qui se présente à nous. Pendant l'acte sexuel, les hommes ne sont-ils pas focalisés sur le plaisir de la femme, et sur leur éjaculation à venir : on pourrait recommencer une deuxième fois si ça arrive trop vite, et là, ce SERA nettement mieux... Et il en est de même avec tous les fantasmes, dont il serait  impossible d'en profiter tel que rêvé si on parvenait à les concrétiser.  Alors de deux choses l'une : soit on se rend compte du fait qu'on n'est pas capable de prendre plaisir en succombant à une tentation / dépendance, et on pense à autre chose pour s'en détourner, soit on y goûte mais en étant conscient du plaisir que cela procure dans l'instant même. Mais le plus stupide est d'y succomber sans y prendre plaisir et de n'en subir que les désagréments !

 

Mais revenons à la notion du temps...un instant...On pourrait se dire : le passé existe, est bien réel, puisqu'il a existé (contrairement au futur pensons-nous), et que je peux m'en souvenir : je peux prendre conscience de ce qui s'est passé avant cet instant. C'est là une grande astuce de la Vie voilée : tout comme on ne prend conscience du futur immédiat que de l'option choisie maintenant parmi tous les potentiels possibles qui se déroulent également « ailleurs » (hors de notre conscience), nous ne nous souvenons que des options choisies « dans le passé » qui nous ont conduits jusqu'ici / maintenant. Si par un choix dans le présent et par la création qui s'en suit, notre vie passée devait changer, ceci se ferait sans que nous nous en rendions compte ! Nous n'avons conscience que de l'unique option passée qui rend compte de nos choix dans le présent, autrement dit, notre passé change continuellement sans que nous le sachions !!! Donc ce que nous croyons être notre passé n'existe pas, mais se déroule aussi maintenant en fonction de nos choix actuels pour correspondre à notre vie de cette seconde. Ainsi, si je choisis d'être riche, ma vie « passée » va changer sans que j'en aie conscience pour que je possède des potentiels qui vont germer et m'amener de la richesse : des actions, un héritage, un travail très rémunérateur...et ces potentiels, j'aurai l'impression que je les ai eu dans le passé, qu'ils sont « évidents » maintenant, tout simplement parce qu'ils se sont portés à ma conscience maintenant en effaçant toutes les autres options : j'en ai fait le choix maintenant. Et c'est la même chose pour les personnes qui nous entourent, qui nous connaissent nous et notre passé : ça changera pour elles aussi, sans qu'elles s'en rendent compte, puisqu'elles sont notre projection ! Mais si on se limite à la situation actuelle et à notre vision restreinte du temps linéaire, il nous paraît impossible de devenir riche, on émet des doutes car rien dans notre vie telle que nous la connaissons ne permet à l'abondance d'arriver : c'est comme ça qu'on empêche notre soi-disant passé de se modifier pour ouvrir les portes de la richesse. Par contre, en lâchant prise et en permettant à notre Moi Supérieur de modifier notre vie (donc en étant persuadé que c'est possible), le miracle se produit.

 

A partir du moment où on réalise que la concrétisation elle-même d'une envie ne peut nous satisfaire et nous rendre heureux, deux choses se passent. D'une part, on prend conscience que ce n'est qu'en  profitant du moment présent en ressentant pleinement ses sensations qu'on peut être heureux, et d'autre part, nos envies évoluent : au lieu de vouloir un bout de chocolat (pour essayer de se satisfaire), nous rêvons à la Nouvelle Terre (pour le plus grand bien de tous). En effet, nous sommes dans un monde matériel très et de plus en plus diversifié, ce qui nous pousse à avoir beaucoup d'envies, et l'ironie, c'est que choses n'existent que parce que nous les créons dans la matière par nos pensées / émotions d'envie (effet boule de neige). Mais il vient un moment, avec l'ouverture de conscience, où nous nous rendons compte que tout cela est une illusion, et qu'aucune chose à l'extérieur de nous ne pourra nous satisfaire vraiment. On en devient saturé (comme pour la nourriture) et les envies égotiques s'évanouissent, on se tourne alors naturellement vers l'intérieur, vers le cœur, vers le seul moment qui existe : le présent, « lieu » de reconnexion avec tous et Tout. Les envies de choses matérielles futiles s'estompant, ces choses disparaissent de notre vie, puisque nous n'alimentons plus leur énergie de manifestation. C'est la véritable Liberté, l'état de bien-être du présent, sans souvenirs ni projections nécessaires !

 

Alors voici une bonne astuce pour nous permettre de se rappeler de jouir du moment présent, de ce qu'on vit, de ce qu'on a, de ce qu'on fait...Imaginez une feuille de papier,  blanche, pure, magnifique. La simple vue de cette feuille immaculée nous comble d'admiration, de joie, et toute notre imagination pourrait librement s'y concrétiser par des mots, un dessin, un pliage...Cette feuille toute blanche peut symboliser notre vie rêvée, parfaite. Mais voilà que notre attention est portée sur un petit défaut, une minuscule tache noire. Que se passe-t-il ? Ne pouvant avoir qu'une pensée à la fois, le fait de porter sa conscience sur la tache noire nous fait complètement oublier les 99,99% restant blancs ! Notre joie retombe immédiatement et est aussitôt remplacée par de la frustration. Zut, il y a une tache, c'est malin, d'où vient-elle, qui est responsable, comment l'effacer, puis-je la laisser sans qu'on la voit ? Et voilà, le mental est parti là-dessus, ce qui augmente considérablement l'énergie de la minuscule tache. Celle-ci grandit et finit jusqu'à recouvrir totalement la feuille : on ne voit plus que la tache noire, et les 99,99 % de blanc de départ ont disparu ! Gros mécontentement...impossible de trouver un moyen de se sentir bien. Et pourtant si ! Soit on essaye d'ignorer la tâche en n'y pensant plus (en regardant uniquement le blanc), soit on se dit que c'est très bien de n'avoir qu'une toute petite tache : elle aurait pu être beaucoup plus grande, ça pourrait être pire !!! Donc, dans les deux cas, réjouissons-nous de ce que nous avons en focalisant notre attention sur le bon côté des choses, qui dans la plupart des cas représente bien plus que leur mauvais côté. On peut transposer cela facilement à notre santé physique. Avez-vous remarqué le nombre de fois qu'on parle de ses bobos aux autres...eh oui, on aime qu'on s'intéresse à nous (ça nous donne de l'énergie) et il nous semble que c'est plus efficace quand on se plaint que quand on dit ce qui va bien. Seulement voilà, en faisant ça, on occulte tout le reste qui va bien en nous (je vis, je respire, j'ai deux mains, deux yeux...) et on renforce sans le savoir la minorité qui ne va pas bien.

 

Tout s'apprend, demande un temps d'apprentissage, et peut toujours s'améliorer : marcher, parler, lire, compter, conduire, les arts, un métier...ça ne vient pas d'un coup du ciel ! Il en est de même pour l'éveil, l'illumination, la levée du voile, et l'apprentissage de prendre plaisir dans le moment présent. La compréhension de l'illusion du temps, la reconnaissance de l'ego et de ses pièges, la gestion des envies / besoins / manques, la conscience du Tout comprenant les deux pôles de la dualité (lumière et ombre), la vision globale de la feuille blanche, tout cela s'apprend petit à petit, et tout comme on tombe souvent quand on essaye de marcher, il y a bien des chutes nécessaires dans cette évolution. Mais le jeu en vaut la chandelle : dirions-nous que nous ne voulons pas marcher parce que c'est trop difficile au début ? Et quel bonheur de pouvoir se sentir bien dans l'instant, dans n'importe quelle circonstance. Lorsque nous aimons une personne, on se dit qu'on l'aime vraiment, et on en profite dans tous les instants présents, on est heureux que la personne soit là ou pas. On peut ainsi véritablement ressentir dans son cœur mais aussi dans toutes ses cellules ce merveilleux sentiment d'amour qui n'est autre que de se sentir heureux, comblé, protégé, enfin soulagé du fardeau des emprises de l'ego. D'ailleurs, l'Amour n'a pas besoin de partenaire : c'est cet état d'être dans le présent qui peut simplement se refléter dans une autre personne, mais ce n'est pas obligatoire. C'est l'évolution de la conscience, le plaisir de comprendre la Vie, la distanciation (non dépendance) du monde matériel, le pouvoir d'esquiver les pièges de l'ego, la sensation de soulagement et de légèreté, bref l'éclaircissement par notre Lumière qui rendent vraiment heureux.

 

Deniz

 

18.12.2008

L’horloge avance inexorablement


 

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L'horloge avance inexorablement et le temps diminue de plus en plus avant que n'arrive... « Ce qui doit être » !

Les effets que vous en ressentez, si toutefois vous êtes suffisamment éveillé, ne doivent pas vous ralentir dans vos efforts. Votre transformation est en pleine expansion et rien ne peut vous faire reculer si ce n'est de votre propre volonté.

Le regard que vous posez sur ce qui vous entoure devient déterminant et peut encore vous signaler quelques manquements.

Où êtes-vous dans tout ce que vous entreprenez ? Êtes-vous toujours bien présent ou continuez-vous d'avancer machinalement sans être dans l'action, dans ce que vous faites en cet instant ou à tout autre moment ?

Si vous êtes bien présent, vous pouvez vous interroger afin de ressentir vos impressions, vos vibrations, dans l'accomplissement de ce que vous faites, dans la rencontre avec telle ou telle personne etc. Ainsi vous reconnaîtrez plus facilement ce qui vous convient parfaitement de ce qui ne vous convient pas avant de vous retrouver submergé par des situations d'où il vous sera parfois très difficile de vous « extirper ». Votre corps, votre ressenti sont là pour vous servir aussi n'hésitez pas à les interroger en toute occasion.

Par cette vigilance accrue vous allez regagner toute cette confiance éparpillée, ignorée voir rejetée pour enfin reconnaître vos qualités et constater que votre meilleur soutien n'est autre que vous-même. Par ce travail de concentration vigilante envers tout ce qui réagit en vous, vous allez pouvoir être prêt au moment venu et opérationnel puisque conscient de vos possibilités, de vos actions - réactions contrôlées devant tout problème, face à toute situation.

Les « Forces » en mouvement ne cessent pas un seul instant de contrôler le déroulement du Plan Divin.

Vous faites partie de ce Plan, soyez-en bien conscient et remerciez chaque jour pour tout ce qui vous est largement donné et cela sans condition.

Votre acceptation libre de servir vous propulse toujours plus loin sur votre chemin. N'en retirez aucune gloire et restez dans l'humilité car c'est l'unique moyen de continuer à progresser.

Enfant de Dieu vous le restez malgré vos choix parfois fort éloignés de la Lumière et de l'Amour. Sachez cependant que tout peut être pardonné, tout peut être reconquis si vous réalisez, si vous prenez réellement conscience de votre filiation divine et si vous vous engagez à servir dans l'Amour et la Joie en toute pureté et sincérité.

Qu'à l'approche de Noël où l'intensité vibratoire est si intense, il vous soit permis de ressentir tout cet Amour qui vient vers vous et qu'il vous est loisible d'accueillir à tout moment.

Reçu le 28 novembre 2008         Les guides de Sylvie.

La diffusion et la circulation de ce message sont  vivement conseillées. L'heure est venue pour faire rayonner à une plus grande échelle, ces énergies nouvelles, porteuses de Joies !

 

 

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28.11.2008

Frémissements à la surface de l'Etre

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Entretien avec Eckhart Tolle mené par Andrew Cohen

 

"Lorsque la transformation intérieure s'est produite voici plusieurs années," dit Eckhart Tolle dans cet entretien, "on pourrait presque dire qu'un certain équilibre a été rompu. J'éprouvais une telle satisfaction et une telle extase à simplement être que j'avais perdu tout intérêt à agir." Pourtant, l'ermite s'est fait enseignant spirituel et s'est engagé pleinement dans cette tâche.
Eckhart Tolle exprime dans cet entretien ce qu'est pour lui l'équilibre entre l'immobilité de l'être et l'action dans le monde.


ANDREW COHEN: Eckhart, à quoi ressemble votre vie ? J'ai entendu dire que vous vivez comme un ermite et que vous passez beaucoup de temps dans la solitude. Est-ce vrai ?


ECKHART TOLLE: C'était vrai dans le passé, avant que mon livre Le pouvoir du moment présent (Éditions Arianne) ne paraisse. Pendant plusieurs années, j'étais un ermite. Mais depuis la parution du livre, ma vie a changé radicalement. Je passe désormais beaucoup de temps à enseigner et à voyager. Les personnes qui me connaissaient auparavant me disent : " C'est incroyable. Vous étiez ermite et maintenant vous êtes dans le monde ". Pourtant, je sens toujours qu'à l'intérieur rien n'a changé. Je me sens le même qu'auparavant. Il y a toujours cette impression continue de paix, et je me suis rendu au fait que sur le plan extérieur le changement est total. Il n'est donc plus vrai que je suis un ermite. Je suis désormais l'opposé d'un ermite. Il se peut que ce soit un cycle, qu'à un certain moment il se termine et que je redevienne ermite, mais actuellement je me suis rendu au fait d'être en relation avec d'autres personnes presque constamment. De temps en temps, je prends le temps d'être seul. Cela m'est nécessaire entre deux sessions d'enseignement.


AC: Pourquoi ressentez-vous le besoin d'être seul, et que se passe-t-il lorsque vous prenez le temps d'être seul ?


ET: Lorsque je suis avec les gens, je suis un enseignant spirituel. C'est ma fonction mais ce n'est pas mon identité. Dès que je suis seul, ma plus grande joie est de n'être personne, d'abandonner la fonction temporaire d'enseignant. Si je rencontre un groupe de personnes, eh bien, dès qu'ils me quittent, je cesse d'être un enseignant spirituel. Il n'y a plus alors de sentiment d'identité extérieure. J'entre simplement plus profondément dans l'immobilité. L'immobilité est le lieu que je préfère. Ce n'est pas qu'elle cesse d'être présente lorsque je parle ou enseigne, dans la mesure où les mots émergent d'elle, mais lorsque les gens me quittent, il ne reste que cela, l'immobilité. Et j'aime tellement cela.


AC: Iriez-vous jusqu'à dire que vous préférez cela ?


ET: Préférer n'est pas le bon mot. Il y a désormais un équilibre dans ma vie qui n'était pas forcément là auparavant. Lorsque la transformation intérieure s'est produite voici plusieurs années, on pourrait presque dire qu'un certain équilibre a été rompu. J'éprouvais une telle satisfaction et une telle extase à simplement être que j'avais perdu tout intérêt à agir ou à entrer en relation avec d'autres. Pendant un certain nombre d'années, j'étais absorbé dans le fait d'Etre. J'avais presque complètement renoncé à l'action, si ce n'est pour me maintenir en vie et même cela tient du miracle. L'avenir m'était devenu totalement indifférent. Et puis, progressivement, un équilibre s'est rétabli. Il ne s'est vraiment complètement rétabli qu'après que j'ai commencé à écrire le livre. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir trouvé un équilibre entre la solitude et la relation avec les autres, entre Etre et agir, alors qu'auparavant l'action était suspendue et il n'y avait qu'Etre. Serein, profond et merveilleux même si, vu de l'extérieur, beaucoup pensaient que j'avais perdu l'équilibre ou que j'étais devenu fou. Fou d'avoir abandonné toutes les choses de ce monde que j'avais " réussies ". Ils ne comprenaient pas que je ne souhaitais ni n'avais besoin de cela désormais. L'équilibre existe donc aujourd'hui entre la solitude et la relation avec les autres. Et c'est bien ainsi. Je suis très attentif au fait de maintenir cet équilibre. Il y a un appel à faire de plus en plus. On souhaite m'écouter ici ou là, les demandes sont constantes. Je sais qu'il me faut désormais être attentif à ce qu'un équilibre ne soit pas rompu et à ne pas me perdre dans l'action. Je doute que cela arrive, mais cela demande un certain degré de vigilance.


AC: Que pourrait signifier se perdre dans l'action ?


ET: J'imagine que si je devais constamment voyager, enseigner et rencontrer des gens, peut-être alors qu'à un certain point, le flot et l'immobilité cesseraient d'être présents. C'est difficile à prévoir, peut-être persisteraient-ils. Ou bien peut-être m'épuiserais-je physiquement. Aujourd'hui, je sens qu'il me faut périodiquement retourner à l'immobilité pure. Et lorsque l'enseignement se produit, simplement le laisser émerger de l'immobilité. L'enseignement et l'immobilité sont très étroitement reliés. L'enseignement émerge de l'immobilité. Mais lorsque je suis seul, seul demeure l'immobilité, et c'est mon lieu préféré.


AC: Lorsque vous êtes seul, passez-vous beaucoup de temps physiquement immobile ?


ET: Oui, je peux parfois rester assis deux heures dans une pièce sans presque aucune pensée. Dans l'immobilité la plus totale. Parfois aussi, lorsque je me promène, l'immobilité totale est présente, sans aucun étiquetage mental des perceptions sensorielles. Il ne reste qu'un sentiment d'émerveillement sacré et d'ouverture, et cela est merveilleux.


AC: Dans votre livre, Le Pouvoir de l'Instant Présent (Éditions Arianne), vous affirmez que " la finalité ultime du monde ne se trouve pas dans le monde mais dans la transcendance de celui-ci. " Pouvez-vous expliquer ce que vous voulez dire ?


ET: Transcender le monde ne signifie pas se retirer du monde, cesser d'agir ou d'être en relation avec d'autres. Transcender le monde, c'est agir et interagir sans qu'il y ait recherche de soi. En d'autres termes, cela consiste à agir sans chercher à améliorer l'image que l'on a de soi-même à travers ses actions et ses interactions avec les autres. Ultimement, cela signifie ne plus avoir besoin de l'avenir pour trouver sa complétude ou son identité. On cesse de chercher à travers l'action, on cesse de chercher à améliorer, accomplir ou renforcer son sentiment de soi. Lorsque cette recherche cesse, alors on peut être dans le monde tout en n'étant pas de ce monde, on a cessé de chercher quelque chose au dehors auquel s'identifier.


AC: Voulez-vous dire que l'on a cessé d'avoir une relation égocentrique et matérialiste au monde ?


ET: Oui, on cesse de chercher à acquérir un sentiment de soi, un sentiment de soi plus profond, plus accompli. Dans l'état normal de conscience, ce que les individus recherchent à travers leur activité, c'est à être plus eux-mêmes. D'une certaine façon, le voleur de banque recherche cela. Il en est de même pour la personne qui recherche l'éveil parce qu'elle cherche à atteindre un état de perfection, un état de complétude, de plénitude à un moment dans le futur. Elle cherche à gagner quelque chose à travers ses activités. Les gens recherchent le bonheur, mais ce qu'ils recherchent vraiment c'est eux-mêmes ou bien Dieu, cela revient au même. Ils se cherchent, mais ils cherchent là où ils ne pourront jamais se trouver, dans l'état normal de conscience non éveillée, parce que l'état de conscience non éveillée est toujours sur le mode de la recherche. Cela veut dire qu'ils sont de ce monde - dans le monde et de ce monde.


AC: Vous voulez dire qu'ils projettent dans le temps ?


ET: Oui, le monde et le temps sont intrinsèquement liés. Lorsque toute recherche de soi dans le temps cesse, alors on peut être dans le monde sans être de ce monde.


AC: Que voulez-vous dire exactement lorsque vous dites que la finalité du monde se trouve dans la transcendance de celui-ci ?


ET: Le monde promet la plénitude quelque part dans le temps ; et on assiste à un mouvement continuel à la poursuite de cette perfection dans le temps. A de nombreuses reprises, on pressent qu'on est enfin arrivé et puis on se dit que non, finalement ce n'est pas encore ça, et on continue la course en avant. C'est exprimé merveilleusement dans le livre A Course in Miracles où il est dit que le dictât de l'ego est " Cherche mais ne trouve pas. " Les gens recherchent leur salut dans le futur mais le futur n'arrive jamais. Ultimement, donc, la souffrance surgit du fait qu'on ne trouve pas, et c'est le début de l'éveil lorsqu'on commence à pressentir qu'on s'est trompé de direction et qu'on n'atteindra peut-être jamais ce que l'on s'efforce d'atteindre ; que peut-être cela ne se situe pas du tout dans le futur. Après s'être égaré dans le monde, soudain, du fait de la pression exercée par la souffrance, on commence à comprendre qu'on ne trouvera peut être pas les réponses qu'on recherche au dehors, à travers la réussite terrestre et dans le futur. Pour beaucoup de personnes, il est important d'en arriver là, à ce moment de crise profonde où le monde tel qu'on l'a connu, et le sentiment de soi qui est identifié au monde, perdent toute signification. C'est ce qui m'est arrivé. J'étais à deux doigts du suicide, et puis quelque chose d'autre s'est produit, la mort du sentiment de moi qui vivait à travers des identifications, identifications avec mon histoire, avec les choses autour de moi, avec le monde. A ce moment, quelque chose a émergé en moi qui était une sensation profonde et intense d'immobilité, de vie et d'être. Plus tard, j'ai appelé cela " présence ". J'ai réalisé qu'au delà des mots cela est ce que je suis. Mais cette réalisation n'était pas un processus mental. J'ai compris que cette immobilité profonde et si vibrante de vie est ce que je suis. Des années après, j'ai appelé cette immobilité " conscience pure ", alors que tout ce qui n'est pas cela est conscience conditionnée. Le mental humain est la conscience conditionnée ayant pris forme en tant que pensée. La conscience conditionnée est le monde créé par le mental conditionné. Tout est notre conscience conditionnée. Même les objets. La conscience conditionnée a pris naissance en tant que forme pour ensuite devenir le monde. Se perdre dans le conditionné semble être nécessaire aux êtres humains. Cela semble faire partie de leur chemin que de se perdre dans le monde, de se perdre dans le mental qui est la conscience conditionnée. Par la suite, du fait de la souffrance qui découle de ce que l'on est perdu, on découvre l'inconditionné en tant que soi-même. C'est pour cela qu'on a besoin du monde pour le transcender. Je suis donc infiniment reconnaissant d'avoir été perdu. Au bout du compte, la finalité du monde, c'est de nous y perdre, d'y souffrir, de créer la souffrance qui semble être nécessaire pour que l'éveil se produise. Et puis, lorsque l'éveil survient, on réalise en même temps que la souffrance n'est désormais plus nécessaire. On a atteint la fin de la souffrance parce qu'on a transcendé le monde. C'est cette position qui est libre de la souffrance. Tout le monde semble suivre cette voie. Ce n'est peut-être pas le chemin de tout un chacun dans cette vie mais cela semble être la voie universelle. Même sans un enseignement ou un enseignant spirituel, je pense que tout le monde y parviendrait au bout du compte. Mais cela pourrait prendre du temps.


AC: Très longtemps.


ET: Bien plus que cela. L'enseignement spirituel est là pour faire gagner du temps. Le message primordial de l'enseignement est que vous n'avez plus besoin de temps, que vous n'avez plus besoin de souffrir. Je dis à ceux qui viennent à moi : " Vous êtes prêt à entendre ce que je vous dis parce que vous l'écoutez. Il y a encore des millions de personnes au dehors qui ne l'écoutent pas. Ils ont encore besoin de temps, mais je ne m'adresse pas à eux. Vous entendez que vous n'avez plus besoin de temps, que vous n'avez plus besoin de souffrance. Vous faisiez votre recherche dans le temps et vous cherchiez encore plus de souffrance. " Le fait d'entendre soudain que " vous n'avez plus besoin de cela " peut être, pour certains, le moment de la transformation.
Ainsi, la beauté de l'enseignement spirituel est qu'il économise des vies entières de...


AC: ... souffrance inutile.


ET: Oui. Il est donc bon que les gens soient égarés dans le monde. J'adore aller à New York et Los Angeles ou il semble que les gens soient totalement impliqués. Je regardais par la fenêtre pendant une réunion à New York. Nous étions à proximité de l'Empire State Building. Tout le monde se précipitait dans tous les sens, courant presque. Les gens semblaient être dans un état d'intense tension nerveuse, d'anxiété. C'est de la souffrance, en réalité, mais ce n'est pas reconnu comme de la souffrance. J'ai pensé alors : où courent-ils tous comme ça ? Bien évidemment, c'est vers l'avenir qu'ils se précipitent ainsi. Ils ont besoin d'aller quelque part qui n'est pas ici. Un point dans le temps : pas maintenant, mais plus tard. Ils courent vers un plus tard. Ils souffrent sans même le savoir. J'aurais pu me dire " Mon Dieu, mais pourquoi ne se rendent-ils pas compte ? ", mais non, j'avais même de la joie à les regarder. Ils sont sur leur chemin spirituel. A ce moment, c'est cela leur chemin spirituel, et cela fonctionne à merveille.


AC: Souvent, le terme " éveil " est interprété comme la fin de la division au sein du moi et la découverte simultanée d'une perspective ou façon de voir qui est intégrale, complète, ou libre de la dualité. Certains, qui ont fait l'expérience de cette perspective, disent que la réalisation ultime est qu'il n'y a pas de différence entre le monde et Dieu ou l'Absolu, entre le Samsara et le Nirvana, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais d'autres disent qu'en fait, la réalisation ultime est que le monde n'existe pas du tout, qu'il n'est qu'une illusion, vide de sens, de signification et de réalité. Dans votre expérience, le monde est-il réel ? Est-il irréel ? Ou les deux à la fois ?


ET: Même lorsque je rencontre des gens ou que je me promène dans la ville, faisant des choses ordinaires, le monde m'apparaît comme des frémissements à la surface de l'être. Au dessous du monde des perceptions sensorielles et de l'activité mentale, il y a l'immensité de l'être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n'est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l'océan.
Je ne perçois donc aucune séparation. Il n'y a pas de séparation entre l'être et le monde manifesté, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais le non-manifesté est tellement plus vaste, profond et grand que ce qui se passe dans le manifesté. Chaque phénomène dans le manifesté est de si courte durée et si fugutif qu'effectivement, dans la perspective du non-manifesté qui est l'être ou la présence au-delà du temps, on peut presque dire que tout ce qui se produit dans le domaine du manifesté ressemble à un jeu d'ombres. C'est comparable à de la vapeur ou de la brume, où de nouvelles formes surgissent et disparaissent sans cesse. Pour celui qui est profondément enraciné dans le non-manifesté, le manifesté pourrait très facilement être qualifié d'irréel. Je ne le qualifie pas d'irréel car il ne m'apparaît pas comme étant séparé de quoi que ce soit.


AC: Donc, il est réel ?


ET: Tout ce qui est réel est l'être lui-même. Seul existe la conscience, la conscience pure.


AC: Votre définition de " réel ", serait donc : ce qui est libre de la naissance et de la mort ?


ET: C'est exact


AC: Donc, seul ce qui n'est jamais né et ne saurait mourir est réel. Et puisque le monde manifesté est ultimement non séparé du non-manifesté, à vous suivre, on en déduit qu'il est réel.


ET: C'est exact, et même en chaque forme sujette à la naissance et à la mort, l'immortel est présent. L'essence de toute forme est ce qui est immortel. Même l'essence d'un brin d'herbe est l'immortel. C'est pour cette raison que le monde des formes est sacré. Le domaine du sacré n'est pas exclusivement l'être ou le non-manifesté car même le monde de la forme, je le considère comme sacré.


AC: Si quelqu'un vous demande simplement " Le monde est-il réel ou irréel ? ", direz-vous qu'il est réel ou devrez-vous apporter une précision ?


ET: J'apporterai probablement une précision.


AC: Telle que ?


ET: Que c'est une manifestation temporaire du réel.


AC: Si, donc, le monde est une manifestation temporaire du réel, quelle est la relation éveillée au monde ?


ET: Pour la personne non éveillée, le monde est tout ce qui existe. Il n'y a rien d'autre. Ce mode de conscience temporel s'accroche au passé pour son identité et a un besoin désespéré du monde pour son bonheur et sa plénitude. Le monde est donc source d'une promesse énorme mais aussi d'une grande menace. C'est tout le dilemme de la conscience non-éveillée : elle est tiraillée entre le besoin de chercher une satisfaction dans et à travers le monde et le fait d'être constamment menacée par celui-ci. Une personne espère se trouver elle-même dans le monde mais en même temps, elle a aussi peur que le monde ne la tue, comme il ne manquera pas de le faire. Voilà la situation de conflit permanent auquel est condamnée la conscience non éveillée, celle d'être déchirée en permanence entre le désir et la peur. C'est un destin épouvantable.
La conscience éveillée est enracinée dans le non-manifesté et est ultimement une avec lui. Elle se sait être cela. On pourrait presque dire qu'il s'agit du non-manifesté regardant à l'extérieur. Même pour une chose simple comme de percevoir visuellement une forme, comme une fleur ou un arbre, si vous les percevez dans un état de grande vigilance et d'immobilité profonde, libre du passé ou de l'avenir, à ce moment-là, c'est le non-manifesté. A ce moment-là, vous n'êtes plus une personne. Le non-manifesté se perçoit lui-même dans la forme. Et il y a toujours une sensation de bonté dans une telle perception.
C'est de là que surgit tout action et celle-ci est alors d'une toute autre qualité que l'action qui surgit de la conscience non-éveillée - qui a besoin de quelque chose et cherche à se protéger. C'est de là que surgit ces qualités intangibles et précieuses qu'on appelle amour, joie et paix. Elles font corps avec le non-manifesté. Elles émergent de cela. Un être humain qui vit en connexion avec cela et agit ou interagit devient une bénédiction pour la planète, alors que la personne non-éveillée pèse lourdement sur la planète. L'être non-éveillé est lourd, et la planète souffre de millions d'êtres non-éveillés. Le fardeau pour la planète est à la limite du supportable. Je le ressens parfois, comme si la planète disait " assez, ça suffit, pitié."


AC: Vous encouragez les gens à méditer afin, comme vous l'écrivez, de " reposer dans la Présence du Maintenant " autant que possible. Pensez-vous que la pratique spirituelle puisse jamais être vraiment profonde et avoir la capacité de libérer si l'on n'a pas au préalable abandonné le monde et ce qu'il représente, du moins à un certain degré ?


ET: Je ne dirais pas que la pratique elle-même a le pouvoir de libérer. C'est seulement lorsqu'il y a complète soumission au maintenant, à ce qui est, que la libération est possible. Je ne crois pas qu'une pratique spirituelle puisse nous amener à cette soumission complète. Elle arrive généralement dans la vie. Votre propre vie est le terrain où cela peut se produire. Vous vivrez peut être une soumission partielle, suivie d'une ouverture et cela vous conduira à vous engager dans une pratique spirituelle. Mais qu'on adopte une pratique spirituelle à la suite d'une révélation d'une certaine profondeur, ou qu'on se lance dans cette pratique pour elle-même, la pratique seule ne saurait suffire.


AC: J'ai découvert dans mon propre travail d'enseignant qu'à moins d'avoir vu à travers le monde dans une certaine mesure, et, se fondant sur cet aperçu, d'avoir la volonté de se détacher du monde, l'expérience spirituelle, aussi intense soit-elle, ne conduira pas à une libération quelconque.


ET: C'est exact, et la volonté de lâcher prise est la soumission. Cela reste la clef. Sans cela, quelle que soit la quantité de pratique ou même d'expériences spirituelles, rien n'y fera.


AC: C'est vrai, beaucoup de personnes disent qu'elles souhaitent méditer ou suivre des pratiques spirituelles, mais leurs aspirations spirituelles ne sont pas fondées sur une volonté de renoncer à quoi que ce soit de substantiel.


ET: Non, ce peut même être l'opposé. Une pratique spirituelle n'est parfois qu'un moyen de trouver quelque chose de nouveau à quoi s'identifier.


AC: En fin de compte, diriez-vous qu'une pratique ou une expérience spirituelle authentiques sont censées amener un individu à lâcher prise du monde, à le transcender et à abandonner son attachement au monde ?


ET: Oui. Parfois, des personnes me demandent " Comment en arriver là ? Ce que vous dites semble merveilleux mais comment en arrive-t-on là ? " Concrètement et fondamentalement, la pratique consiste à dire " oui " au moment présent. L'état d'abandon c'est ça, un " oui " total à ce qui est. Non le " non " intérieur à ce qui est. Et le " oui " complet à ce qui est, c'est la transcendance du monde. C'est aussi simple que ça, une ouverture totale à tout ce qui survient dans l'instant. L'état de conscience habituel est de résister à cela, de le fuir, de le nier, de ne pas le regarder.


AC: Lorsque vous dites " oui " à ce qui est, est-ce que vous voulez dire ne rien éviter et faire face à tout ?


ET: Exact. C'est accueillir le moment présent, embrasser le moment, et c'est cela l'état d'abandon. C'est vraiment tout ce dont on a besoin. La seule différence entre un Maître et un non-Maître est que le Maître embrasse ce qui est, totalement. Lorsqu'on cesse de résister à ce qui est, survient la paix. Le portail est ouvert et le non manifesté est présent. C'est le chemin le plus puissant, mais on ne peut appeler cela une pratique car le temps n'intervient pas.


AC: Pour la plupart des gens qui participent à cette explosion spirituelle née de la rencontre entre Orient et Occident qui va s'accélérant, , le Bouddha Gautama et Ramana Maharshi - l'un des Vedantins les plus respectés de l'époque moderne - font tous deux figure d'exemples inégalés de l'éveil total. Cependant, chose intéressante, leurs enseignements divergent radicalement sur la question de la relation juste au monde pour celui qui aspire à la vie spirituelle. Le Bouddha, le renonçant au monde, encouragea les plus sincères à quitter le monde et à le suivre afin de vivre la vie sacrée, loin des soucis et préoccupations de la vie de chef de famille. Cependant, Ramana Maharshi découragea ses disciples de quitter la vie de famille pour s'adonner à une vie spirituelle plus concentrée et plus intense. En fait, il découragea tout acte extérieur de renoncement et invita plutôt l'aspirant à se tourner vers l'intérieur afin d'y trouver la cause de l'ignorance et de la souffrance. Et de fait, beaucoup parmi le nombre croissant de ses adeptes aujourd'hui disent que le désir de renoncement n'est autre qu'une manifestation de l'ego, la part même de soi dont on doit se libérer si l'on veut être libre. Le Bouddha, lui, insista fortement sur la nécessité du renoncement, du détachement, de l'assiduité et de la modération comme le fondement à partir duquel la prise de conscience libératrice peut avoir lieu. Comment expliquez-vous que les approches de ces deux lumières spirituelles diffèrent à ce point ? Pourquoi croyez-vous que le Bouddha encourageait ses disciples à quitter le monde alors que Ramana les encourageait à rester où ils étaient ?


ET: Il n'y a pas de solution universelle. Des époques différentes favorisent certaines approches qui peuvent se révéler efficaces à une période donnée mais inefficaces à une autre. Le monde d'aujourd'hui est d'une plus grande densité et il est beaucoup plus envahissant. Lorsque je dis " monde ", j'y inclus le mental humain. Les fonctions mentales se sont amplifiées depuis l'époque du Bouddha il y a 2500 ans. Il y règne plus de bruit, elles ont pris plus de place et les ego sont plus grands. L'ego n'a cessé de se renforcer depuis des milliers d'années, jusqu'à atteindre un point de folie, la folie ultime ayant été atteinte au 20e siècle. Il suffit de lire l'histoire du 20e siècle pour se rendre compte qu'on a atteint l'apothéose en matière de folie humaine, si on la mesure en termes de violence humaine infligée à d'autres humains.
Aujourd'hui, on ne peut plus s'échapper du monde, on ne peut plus s'échapper du mental. Il nous faut entrer dans la soumission alors que nous sommes dans le monde. C'est le chemin qui semble le plus efficace dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Il se peut qu'à l'époque du Bouddha, se retirer était bien plus facile que ça ne l'est aujourd'hui. Le mental humain n'était pas encore si envahissant à cette époque.


AC: Mais si le Bouddha prêchait la vie sans attaches matérielles, c'était parce qu'il considérait que la vie de chef de famille était pleine de problèmes, de soucis et d'inquiétude, et il lui semblait que dans ce contexte il serait difficile de faire ce qui était nécessaire pour vivre la vie sacrée. Donc, pour reprendre ce que vous disiez à propos du bruit et de la distraction du monde, c'est à cela même qu'il répondait, et la raison pour laquelle il a mené une vie sans attache et encouragé d'autres à faire de même.


ET: Il est vrai qu'il a donné ses raisons, mais ultimement nous ne savons pas pourquoi le Bouddha a mis l'accent sur le fait de quitter le monde plutôt que dire comme Ramana Maharshi " fais-le dans le monde. " Mais il me semble, d'après ce que j'ai observé, que le moyen le plus effectif pour les individus maintenant est de se soumettre dans le monde plutôt que d'essayer de se retirer du monde afin d'y créer une structure qui rendrait la soumission plus facile. C'est une contradiction en soi parce qu'on crée une structure visant à rendre la soumission plus facile. Pourquoi ne pas se soumettre maintenant ? On n'a pas besoin de créer quoi que ce soit pour faciliter la soumission car alors il ne s'agit plus d'une soumission véritable. J'ai séjourné dans des monastères bouddhistes et j'ai constaté que cela peut facilement arriver : ils ont abandonné leur nom, adopté un nouveau nom, ils se sont rasé la tête, ils portent des robes...


AC: Ce que vous dites, c'est qu'un monde a été abandonné au profit d'un autre, qu'une identification a été remplacée par une autre. On abandonne un rôle et on en emprunte un autre mais on n'a véritablement rien lâché.


ET: C'est exact. Par conséquent, faites-le là où vous êtes, ici et maintenant. Il n'est pas nécessaire de rechercher un autre endroit, une autre situation pour le faire. Faites-le ici et maintenant. Où que vous soyez est le bon endroit pour se soumettre. Quelle que soit la situation où vous vous trouvez, vous pouvez dire " oui " à ce qui est, et cela devient le fondement de toute action ultérieure.


AC: Beaucoup d'enseignants et d'enseignements aujourd'hui disent que le désir même de renoncer au monde est une expression de l'ego. Quel est votre avis ?


ET: Le désir de renoncer au monde est encore le désir d'atteindre un certain état qu'on ne connaît pas actuellement. C'est la projection mentale d'un état qu'il serait souhaitable d'atteindre : l'état de renoncement. C'est la recherche de soi dans le futur. En ce sens, c'est l'ego. Le véritable renoncement n'est pas le désir de renoncer, il survient en tant que soumission. Le désir de soumission ne peut exister car c'est simplement de la non-soumission. La soumission émerge parfois spontanément chez des individus qui n'ont pas même de mot pour le décrire. Je sais aussi que l'état d'ouverture est aujourd'hui présent chez de nombreuses personnes. Beaucoup de ceux qui viennent à moi ont une grande ouverture. Parfois, il suffit de quelques mots, et immédiatement ils font l'expérience d'un aperçu, d'un avant-goût de soumission. Il ne dure pas nécessairement mais l'ouverture est là.


AC: Qu'en est-il de l'élan spontané du cœur à abandonner tout ce qui est faux et illusoire, tout ce qui est fondé sur le rapport matérialiste de l'ego à l'existence ? Par exemple, lorsque le Bouddha a décidé " je dois quitter ma maison ", il est difficile de penser qu'il s'agissait d'un désir égoïste, si l'on en juge par les résultats. Ou bien Jésus disant " Viens, suis-moi. Laisse les morts enterrer les morts. "


ET: C'est reconnaître le faux comme faux, ce qui est principalement une chose intérieure. C'est reconnaître les identifications fausses, reconnaître le bruit mental et reconnaître que l'identification d'images mentales à une entité " moi " était fausse. C'est magnifique, cette reconnaissance. L'action peut dès lors surgir de la reconnaissance du faux. Peut-être verrez-vous le faux reflété dans les circonstances de votre vie et les laisserez-vous derrière vous - ou non. Mais la reconnaissance et l'abandon de tout ce qui est faux et illusoire est un fait principalement intérieur.


AC: Ces deux cas, celui du Bouddha et de Jésus, seraient donc les exemples de manifestations extérieures puissantes de cette reconnaissance intérieure.


ET: C'est exact. On ne peut pas prédire ce qui va résulter de cette reconnaissance intérieure. Pour le Bouddha, il était déjà adulte lorsqu'il a soudain pris conscience que les humains meurent, deviennent malades et vieillissent. Cette seule prise de conscience a été si puissante qu'il s'est tourné vers l'intérieur et a déclaré que rien n'a de sens si c'est tout ce qu'il y a.


AC: Mais ensuite il s'est senti contraint de partir, d'abandonner son royaume. D'un certain point de vue, il aurait très bien pu dire : " Tout est présent en ce moment même et il me suffit de me soumettre sans condition ici et maintenant. " Alors, j'imagine que le résultat aurait été très différent, il aurait pu devenir un roi éveillé !


ET: Mais à ce stade, il ne savait pas que tout ce qui était nécessaire était de se soumettre.


AC: Cependant, lorsque Jésus invitait les pêcheurs à quitter leur famille et leur vie pour le suivre, ou lorsque le Bouddha sillonnait les villes, invitant les hommes à laisser tout derrière eux, leur soumission était démontré par leur départ même, par le fait même de dire " oui " à Jésus ou à Bouddha et de renoncer à leurs attachements au monde. Il va de soi qu'il leur faudrait aussi abandonner leurs attachements intérieurs. Dans ces cas, lâcher prise n'était pas seulement une métaphore de la transcendance intérieure, cela signifiait aussi littéralement qu'ils abandonnaient tout.


ET: Pour certaines personnes, cela en fait partie. Il se peut qu'elles quittent leur environnement et leurs activités habituelles, mais la seule véritable question est de savoir si elles ont déjà reconnu le faux en elles-mêmes. Si ce n'est pas le cas, le lâcher prise extérieur n'aura été qu'une forme déguisée de recherche de soi.


AC: Ma dernière question concerne le rapport entre votre compréhension de l'éveil, ou de l'expérience de la conscience non divisée, et l'engagement dans le monde.
Dans le judaïsme, s'engager à fond dans le monde et la vie humaine est vu comme l'accomplissement de l'appel religieux. En fait, ils disent que c'est seulement en vivant les dix commandements de tout son cœur que le potentiel spirituel de l'espèce humaine peut se manifester sur la terre. L'érudit juif David Ariel écrit : " Nous finissons le travail de création... Dieu a besoin de nous car nous seuls pouvons perfectionner le monde. "
Beaucoup d'enseignements de l'éveil , ou de la non-dualité comme le vôtre, mettent l'accent sur l'éveil de l'individu. De fait, la transcendance du monde semble être le point majeur. Mais nos frères juifs semblent nous convier à quelque chose de très différent qui est la spiritualisation du monde à travers une participation totale d'hommes et de femmes dévoués dans le monde. Pensez-vous que les enseignements d'éveil non dualistes privent le monde de notre complète participation ? Est-ce que la notion même de transcendance prive le monde de notre pleine capacité de le spiritualiser en tant qu'enfants de Dieu ?


ET: Je ne le crois pas, parce que l'action juste découle uniquement de cet état de transcendance du monde. Toute autre activité est induite par l'ego. Même faire le bien, si cela provient de l'ego, aura des conséquences karmiques. " Induit par l'ego " signifie qu'il y a un motif ultérieur. Par exemple, cela gonfle une image flatteuse de nous-mêmes si nous devenons une personne spirituelle à nos yeux ; et ça fait du bien. Ou bien nous espérons une récompense dans une autre vie ou au paradis. Donc, s'il y a des motifs ultérieurs, ce n'est pas pur. Le véritable amour ne peut s'exprimer à travers nos actions si nous n'avons pas transcendé le monde, parce qu'alors nous ne sommes pas en contact avec le domaine d'où émerge l'amour.


AC: Vous parlez d'une action pure, non teintée par l'ego ?


ET: Oui, l'essentiel d'abord. Ce qui vient en premier est la réalisation et la libération. Puis laisser l'action découler de cela - elle sera pure, non teintée, aucun karma ne sera attaché à elle. Autrement, quelle que soit l'envergure de nos idéaux, nous renforcerons irrémédiablement l'ego à travers nos bonnes actions. Malheureusement, on ne peut vivre les commandements à moins d'être sans ego - ce qui est le cas de fort peu -, comme l'ont découvert tous ceux qui ont tenté de mettre en pratique les enseignements du Christ. " Aime ton prochain comme toi-même " est l'un des enseignements principaux de Jésus, et on ne peut accomplir ce commandement, quelle que soit notre bonne volonté, si on ne sait pas qui on est au plus profond de soi. Aime ton prochain comme toi-même signifie que ton prochain est toi-même, et cette reconnaissance d'unité est amour.

 

http://eveilimpersonnel.blogspot.com/2007/08/frmissements-la-surface-de-letre.html

22.11.2008

La transformation de la conscience - Eckart Tolle

bird

Transcription de la  Conférence de Eckhart Tollé à Hambourg, le 13 avril 2002.

 



Explorons ensemble quelques uns des grands mystères de l'existence humaine. Ces choses auxquelles les adultes ne portent plus d'attention, et sur lesquelles ils ne posent plus de questions.  Seuls les enfants le font encore.

 

Alors que nous sommes assis ici attentifs aux paroles, nous réalisons qu'il y a une autre dimension que celle des mots. Quelle est cette autre dimension ? On pourrait dire que c'est le simple espace de silence. Lorsque la parole émerge, vous entendez les mots et en même temps, une partie de votre attention se porte aussi sur les espaces silencieux, ou encore sur l'arrière plan silencieux. C'est très simple. Il s'agit seulement de remarquer qu'en dehors des mots, il y a une immobilité intérieure.

 

Et quelque chose d'étrange se produit quand vous percevez le silence, ce qui signifie prêter attention au silence. Une chose étrange vous traverse à ce moment là qui est : dans cet acte de perception du silence, l'activité mentale, c'est-à-dire le flot des pensées, cesse durant ce moment  où votre attention se porte sur le silence. Pour un moment le flot des pensées s'arrête, pendant que vous  écoutez le silence. Cette écoute constitue l'accès à une nouvelle dimension de la conscience, à laquelle la plupart des gens ne sont pas attentifs. L'arrêt du flot des pensées devient possible sans aucune perte de conscience. Et durant ce moment de perception, d'écoute de cette dimension du silence, vous êtes entièrement présent dans ce moment, vous habitez entièrement ce moment, étant en lui totalement.

 

C'est la raison pour laquelle nous sommes ici, pour accéder à cette dimension intérieure, pour aller au delà du flot continu des pensées avec lesquelles la plupart des gens s'identifient complètement en tant qu'eux même : « moi, le moi ». Le soi est dans chaque pensée, sans distanciation et ceci constitue l'état d'absence. Mais ici nous entrons dans l'état de présence.

 

Autrement, vous êtes entièrement piégé par le conditionnement du mental, avec tous ses schémas, ses connaissances accumulées, ses expériences et son passé. Quand vous êtes totalement confondu avec cela, vous mimez le récit que vous vous faites dans le mental. Il n'y a aucune liberté en cela.

 

Donc la possibilité de vivre dans un état de conscience différent de celui dit normal, s'offre à vous.  Donc vous aurez sûrement déjà remarqué qu'ici, pendant cette conférence, votre esprit, votre mental pensant n'est ni nourri, ni stimulé. Et si vous êtes assis ici, tout en étant encore complètement identifié au flot de vos pensées, vous ressentez déjà qu'une certaine agitation, une impatience, et un mécontentement est en train de vous envahir. Et votre mental pensant, de dire : « et de quoi parle t-il ?  Je ne comprends rien ». En fait il ne dit pas grand-chose. Parce que le mental pensant et le sens du soi qui naît avec l'identification au mental conditionné, ce sens du soi entièrement fabriqué par le mental est toujours à la recherche du plus qu'il pourrait ajouter à lui même. Ainsi, il sera à la recherche de nouvelles idées à accumuler, de nouvelles croyances : maintenant je sais ce en quoi je crois !  Ou peut-être de nouvelles émotions qui deviendront des expériences.

 

Et donc il ne trouve pas satisfaction ici, car son mental pensant ne reçoit pas la nourriture qu'il désire, celle qu'il veut s'approprier pour se sentir un peu plus gros quand vous sortirez d'ici, avec la sensation d'avoir ajouté quelque chose à ce moi. Cela vient du fait que le sens du soi est fondé sur « moi », mon histoire et mon passé

 

Qu'est ce que vous vous demandez quand les gens vous demandent qui êtes-vous ?  L'identité qu'ils vous donnent avec une grande conviction, «  je suis John Smith », ne peut pas être mise en doute. Puis ils vous raconteront ce qu'ils font pour gagner leur vie. Et s'ils ont suffisamment de temps, ils vous raconteront une courte ou longue histoire. Et ceci est l'histoire de « moi ». Puis la personne vous parlera aussi des rôles qu'il ou elle joue dans le monde, convaincue de ce qu'il ou elle est : « je suis mère de trois enfants, je suis comptable, je suis au chômage, j'ai réussi dans la vie ». Sa petite identité conceptuelle, les idées qu'il ou elle a dans la tête

 

Bien sur nous avons tous un rôle à jouer dans la vie, mais de croire que nous ne sommes que cela, s'y être identifié, constitue une terrible prison, un esclavage. Vous pouvez remplir ce rôle sans croire que c'est ce que vous êtes. Vous pouvez remplir votre rôle de mère, sans que cette idée occupe entièrement votre esprit. Autrement, vous serez une mère pour le restant de vos jours et vos enfants resteront des enfants pour vous. Vous penserez avoir toujours raison et vous leur dicterez leur conduite. Vous serez emprisonnée dans ce rôle. Le monde est rempli de gens piégés dans le rôle que la société leur a attribué, leurs rôles conditionnés, qui sont des structures mentales. Un rôle n'étant rien d'autre que certaine forme mentale. Des conceptions de l'esprit, des pensées. Donc c'est un autre aspect de l'identification au contenu du mental.

 

Et ce sens de l'identité personnelle « moi », qui est issu de l'identification au contenu du mental, n'est jamais à l'aise, ni accompli pendant bien longtemps. Pas pour longtemps. Ce moi vit dans un état de « pas assez ». Un autre sentiment accompagne cet état «  je ne suis pas encore complet, je n'ai pas encore réussi, j'ai besoin d'être chez moi, j'ai besoin de plus grandir dans le sentiment d'être moi-même ». Et chez beaucoup de gens, l'histoire du moi semble avoir été un accomplissement, même si ce n'est qu'en surface. Et notre culture nous dit souvent que les gens célèbres ont réussi, en apparence, et cela vous donne l'illusion de pouvoir parvenir à l'accomplissement du sens du soi, fondé sur une histoire. Ce serait la fin heureuse. Si vous rencontrez des célébrités ou des gens riches, vous vous rendrez compte qu'ils sont dans le même état d'esprit que n'importe qui. Ils n'ont pas l'impression d'être accomplis, ils ressentent la peur, un mécontentement et un sentiment  de manque alors qu'ils ont tout. Ce que je vous dis ressemble à de mauvaises nouvelles, comme si vous n'aviez pas la moindre chance de réussir en cette vie ci. 

 

Maintenant, si il vous reste assez de temps, ce sens du soi aura l'impression qu'il vous reste suffisamment de temps pour vous réaliser, « j'ai encore 40 ou 50 ans devant moi », et c'est probablement suffisant pour compléter l'histoire de « moi ». Et faire en sorte qu'elle se termine bien. Donc on ne se rend pas compte que ce mécontentement, ce malheur, ce moi problématique qu'on connaît en direct, ne sont pas un problème personnel, mais une construction inhérente à la structure du mental. C'est un dysfonctionnement structurel et non un dysfonctionnement basé sur le contenu du mental.

 

Et chaque sens du moi, avec sa propre histoire, sait que cette histoire n'a pas tout à fait tourné de la manière dont elle aurait du. Les choses ne se sont pas déroulées de la façon dont elles étaient censées se dérouler. Et donc vous commencez à croire que vous pouvez vous accomplir avec le temps. Mais à mesure que vous avancez en âge, vous vous rendez compte que l'accomplissement ne se produit toujours pas. Et que l'avenir se rétrécit.

Que font alors beaucoup de personnes âgées, face à ce rétrécissement de leur avenir ?  Elles se tournent de plus en plus vers le passé. Au moins je peux me raccrocher à cela. Elles l'entretiennent en y pensant et en en parlant. Si leur identité fabriquée par le mental est de nature malheureuse et se fonde sur la plainte, car la vie les a tant maltraitées et a été injuste envers elles, très bien, c'est mieux que pas d'identité du tout. Et mieux vaut faire en sorte que cela continue.

 

Donc de nombreuse personnes sont piégées dans un sens du moi très malheureux, avec à l'esprit des plaintes continuelles au sujet de la vie, les gens autour de moi, ce qu'ils me font, Dieu si il y a un Dieu. Peut-être croient-elles en Dieu ? Ou alors ils diront « Dieu ne peut pas exister, regardez ce qu'il m'a fait ». Une fois que vous êtes piégé dans une identité, elle devient rigide et vous la maintenez en y pensant, ainsi qu'en parlant à vous-même et aux autres. Vous ne voulez pas lâcher le moi, qu'importe combien il souffre.

 

Donc si vous avez assez de temps, vous vous mettez en quête du plus qui comblerait le moi, une maison plus grande pour vous sentir plus en sécurité, quelque chose d'un peu plus important, une plus grosse voiture devrait faire la différence. Elle est plus grosse que celle des autres. Cette voiture devient alors une forme pensée. Ce n'est pas la voiture elle-même qui importe, car ce n'est que du métal, et dans quelques années ce sera un tas de rouille. Ce qui importe, c'est la forme pensée  « voiture » qui contient le « moi ». Ce moi est la forme pensée qui s'identifie à la forme pensée « voiture ». Moi, voiture, c'est ce qui se passe. De plus s'il s'agit d'une grosse voiture, le moi, l'illusion du moi s'agrandit à travers cette forme pensée. Pour quelque temps.

 

Mais peu après, cela ne satisfait plus vraiment le sens du soi, et il vous faut partir en quête d'une nouvelle chose, c'est vers ce plus que vous courrez continuellement afin de parachever le moi. C'est un besoin psychologique qui lui est inhérent. Tout le monde compte sur le moment suivant, le futur, car cela donne l'impression de pouvoir obtenir ce dont on a besoin pour compléter ce « moi ».  Et à ce moment là leur vient l'idée d'une maison, d'une maison plus grande que la voiture. Alors surgit à nouveau la forme pensée du moi qui devient la forme pensée de ma maison, ma, mon. Ma, c'est une histoire triste et intéressante de dire « ma » ou « mon », la mienne ». Les enfants apprennent cela très tôt. C'est une de la première chose qu'ils apprennent. Cela marque le commencement du moi, du moi égocentrique, cela est à moi.

 

Et donc cela constitue une idée qui se développe et la civilisation entière se focalise sur l'idée de posséder quelque chose, l'idée de propriété. Si vous examinez cela clairement, vous voyez que le fait de dire « je suis propriétaire de ceci, de cette table, de quoi d'autre que ce soit, de cette maison, de cette voiture dont on dit  c'est la mienne »... Mais qu'est ce que cela veut dire ?  C'est une histoire que vous êtes en train de vous raconter à ce sujet, une histoire qui devient une forme pensée. Supposons que vous soyez fou, vous compteriez peut-être cette histoire «  je possède ce grand immeuble de bureaux de 20 étages ». Vous passez chaque jour devant en vous disant « c'est à moi ». Il est maintenant tout à fait possible que le reste de la société soit d'accord avec votre histoire et vous donne un morceau de papier pour reconnaître votre accord. Par contre, si vous croyez que vous possédez quelque chose,  et que personne n'est d'accord avec vous, on vous prendra pour un fou. Mais si les gens sont d'accord, ils vous considéreront comme quelqu'un de riche. Cette richesse est importante car elle rend votre histoire plus imposante. Jusqu'à ce quelle redevienne triste.  Ceci pour vous montrer quelle importance prennent les concepts dans votre vie. Ces concepts amènent les gens à vivre dans un sens de l'être conceptualisé, rien que des concepts mentaux.

 

Dès que vous vous installez dans ce moi conceptualisé, vous vivez aussi dans une réalité conceptualisée, car vous percevez toute cette réalité à travers un être fabriqué par le mental « le moi ». Et c'est ce qui donne cette compulsion à interpréter immédiatement et à cataloguer chaque expérience, chaque perception. Et ceux qui sont très habiles à cela, ceux qui savent rapidement cataloguer, analyser les choses, enregistrer l'information, la restituer, dissèquent les choses en tout petits segments, afin de les examiner, ou ceux qui s'y connaissent en concepts, on les qualifie d'intelligents. Et si vous êtes très doué pour disséquer de petits éléments de connaissance en encore de plus petits fragments, alors vous obtenez un doctorat. Si vous êtes allé à l'université, vous savez combien sont minuscules les fragments sur lesquels les gens effectuent leurs recherches.

 

Et c'est cela la condition humaine. Et ce besoin du plus n'est pas seulement un besoin personnel, car ce sentiment de soi devient un sentiment collectif de soi, par l'intermédiaire des entreprises, des sociétés commerciales, des nations, des tribus, des organisations. Celles-ci sont toutes créées par ce moi conceptuel dont elles sont l'expression, une expression collective de cela. C'est facile à voir quand on considère une immense société commerciale et son aptitude à croître. Regardez par exemple l'effondrement récent d'Enron Corporation aux Etats-Unis : gigantesque ! Et vous vous apercevez que la société entière était dominée par le besoin avide de « toujours plus ». Et donc c'est facile de dire « regardez comme cette entreprise est corrompue ». En fait elle n'est qu'un ego à grande échelle.

 

Et le soi, cette entité, ne se préoccupe donc au fil de sa vie, que de deux choses importantes : la première, c'est le mouvement du désir, celui de vouloir plus, et la deuxième un mouvement de protection, « je ne veux rien perdre du peu que j'ai déjà ». Ces deux mouvements sont « Vouloir » et « Avoir peur ». Désir, peur. Les êtres humains évoluent entre les deux. L'origine des actions entreprises par le soi égocentrique est soit le désir avec le besoin d'avoir plus, soit la peur avec le besoin de protéger le moi.

 

Chaque être humain est dans cet état d'esprit, son petit soi à la recherche de ce que je peux obtenir. Ou encore, cette personne représente-elle une menace pour moi ?  Donc l'esprit humain regarde chaque personne qu'il rencontre avec les yeux de la peur et du désir. Et c'est comme cela que vivent les humains. Mais autre chose vient aggraver la situation aussi fabriquée par le mental. C'est d'avoir des frontières clairement délimitées et qui ne sont que pensées bien sur. Des frontières entre moi et le reste du monde y compris les autres. Et avec cela vient le besoin toujours inconscient pour ce sens du moi, de se définir plus fortement par l'opposition.  Le petit soi a besoin d'ennemis quelque part, car sans eux, le sentiment d'identité ne serait plus assez solide, et deviendrait changeant

 

Vous pouvez voir cela sur le plan collectif en observant comment les religions, les nations, les différentes églises et les tribus, aiment toutes leurs ennemis. Elles les aiment, non pas dans le sens que Jésus leur a enseigné, mais afin de définir et de renforcer leurs sentiments d'identité. Les chrétiens ont fait cela pendant longtemps, et certains le font encore. Les musulmans le font beaucoup ces temps ci. Définir son identité à travers le fait d'avoir un ennemi, n'est pas spécifique à une religion, n'importe quelle religion s'y prête, les nations le font aussi. Qui seriez-vous sans un ennemi qui renforce tant le soi illusoire ?  Et sur le plan personnel, cela signifie que vous avez besoin de problèmes. Une fois encore c'est inconscient, et cela fait parti intégrante du mental. Nous connaissons tous des gens qui sont attachés à leurs problèmes, car c'est toujours plus facile de le voir chez les autres que chez soi !  Donc l'identité de tant de gens, fondée avant tout sur une histoire, est basée sur une accumulation de problèmes et de conflits dans leur vie. Et quand vous leur demandez des nouvelles, ils vous racontent leurs problèmes. Si c'est cela la condition humaine, sur le plan personnel ou collectif, nous pouvons donc comprendre pourquoi l'histoire des êtres humains paraît si démente, folle. Lisez l'histoire du vingtième siècle, c'est un cauchemar. Et si vous regardez les nouvelles à la télévision ce soir, cela continue! Donc le monde que les êtres humains ont créé est une expression, une manifestation de leur état de conscience, ou plutôt de leur état d'inconscience.

Nous voyons maintenant pourquoi l'histoire est ce qu'elle est, et ce depuis que l'homme  a commencé à la consigner. Il y a un élément de dysfonctionnement ou de folie très fort dans le psychisme humain. Et tous les grands maîtres ont vu cela, le Bouddha, Jésus, les sages de l'Inde, tous ont observé ce dysfonctionnement énorme de la condition humaine. Le Bouddha l'a appelé souffrance, en disant que la condition humaine est un état de souffrance. Jésus l'a appelé « Péché ». Bien sur ce mot a été souvent mal interprété. En Inde, ils appellent cela illusion. Tous ont observé cela et ils ont vu aussi qu'il y avait un moyen d'en sortir.

 

Un état de conscience différent est possible pour l'humanité. Le Bouddha l'appelle « la fin de la souffrance ». Jésus l'appelle « le salut ou le royaume des cieux ».  Dans les enseignements de l'Inde, on appelle cela  « libération ou illumination ». Enfin et bonne nouvelle...  mais vous avez peut-être remarqué que de voir la condition humaine, telle qu'elle est est déjà libérateur. Et c'est nécessaire, car s'il n'y a aucun changement dans l'état de conscience de l'homme, la planète et l'humanité ne survivront probablement pas plus de cent ans. Car se dysfonctionnement est maintenant amplifié par les moyens scientifiques et la technologie.

 

Pour la première fois, l'humanité se trouve confrontée à la possibilité de provoquer sa propre extinction. Et c'est pourquoi aujourd'hui, un nouvel état de conscience doit émerger chez les être humains. Et c'est du fait de cette situation, qu'un nouvel état de conscience est en train d'apparaître. Maintenant que je suis en train d'ajouter une nouvelle idée à votre esprit, ce n'est pas ce que je veux faire. Certains d'entre vous me demanderont peut-être : comment savez-vous qu'un véritable changement est en train de se produire ? Comment savez-vous cela ? Cette réunion, ici même, fait partie de cette transformation de la conscience humaine.

 

Nous arrivons donc maintenant au coeur du sujet : la possibilité d'une transformation de la conscience, celle qui est en train de se produire ici. Pourquoi ? Comment ?  Comment nous sortir de milliers d'années de conditionnements ?  Et le petit soi de dire « Oh mais c'est très intéressant », « Oh oui ; je veux me transformer »  Et il ajoute : « dites m'en plus, expliquez moi comment faire ? Comment puis-je y parvenir ? ».  En d'autres termes, une nouvelle image prend forme mentalement, celle de moi parvenant à un état de conscience, un idéal. Donc la grosse voiture n'a pas marché, la grande maison non plus, une position plus élevée dans la société n'a pas suffit à combler le moi, trois mariages n'y sont pas parvenu, ni des expériences, ni des voyages, ni un doctorat. Mais à présent il y a la possibilité d'ajouter au moi l'accomplissement ultime. Et c'est alors que vous devenez un chercheur spirituel !  Et vous ne réalisez pas que c'est avec le même état d'esprit, le même besoin de plus et d'un avenir pour compléter le moi, qui est encore à l'oeuvre. 

 

Et puis après vingt ans de recherches, vous commencez à  être un peu fatigué. Plusieurs fois vous avez vraiment pensé avoir trouvé. La grande expérience. Qui  s'est soudainement évanouie dans le passé. Et alors vous êtes devenu quelqu'un qui, un jour, a eu une grande expérience. C'est mieux que rien. Vous pouvez en parler, y penser, vous sentir malheureux à ce sujet. Quelques années plus tard c'est devenu une habitude. Alors le soi fabriqué par le mental dit « dites moi comment y arriver, quelque soit le temps qu'il faut. D'ailleurs, donnez moi du temps et j'y arriverai ». C'est ce que vous obtenez dans certain enseignement qui vous donnent satisfaction, et qui disent « il y a 12 étapes ». Cela vous permet de savoir exactement où vous en êtes « j'en suis à la quatrième étape, et toi ? » Donc certains enseignements comportent douze étapes et seul celui qui a atteint la treizième devient le chef du groupe.

 

Donc le soi créé par le mental vit dans le temps. C'est le passé qui lui donne son identité et c'est le futur qui détient la possibilité de son accomplissement. Tout ceci est donc lié au temps. C'est pourquoi le sentiment de soi et le temps sont si importants et expliquent l'importance du temps dans notre civilisation. Le temps est quelque chose d'étrange. Il ne cesse de s'écouler et pourtant ce qu'on entend le plus à son sujet est «  je n'ai pas le temps, je n'ai pas assez de temps ».  Il y a tellement de temps, il est partout le temps. Le temps est un mystère très étrange, un grand mystère. Il semble si réel. Personne ne peut le nier, puisque nous passons du temps ici. Vous passez du temps à venir ici. Et très bientôt ce sera terminé, car le temps passe et avant même de vous en rendre compte, vous rentrerez chez vous. Le temps passe ! Vous ne pouvez arrêter l'animal, il vous entraîne avec lui. C'est comme si vous étiez dans un train express qui ne s'arrête jamais et que voyez le paysage défiler !  Même notre réunion d'aujourd'hui qui pendant longtemps n'a été qu'un événement à venir qui va se rapprocher de nous : trois jours encore, puis deux, puis un jour, puis il est là, puis il passe ! Ce n'est que cela, le train express est parti dans le passé en venant du futur. Il s'est lentement approché. Plus il était loin, plus il était lent, et soudain il arrive. Et avant que vous n'ayez réalisé ce qui se passe, il a déjà disparu. Tout est si éphémère. Avant que vous ne vous ayez rendu compte de quoi que ce soit, tout s'évanouit. C'est étrange !  Il y avait un poète qui parlait du temps comme un feu qui nous consumerait tous et d'une certaine manière c'est vrai, car le feu ne laisse derrière lui que des cendres. Et c'est ce qui restera de nos corps. Consumés par le temps.

 

A  Noël, j'ai rendu visite à de vieux amis que je n'avais pas vu depuis longtemps. Et en les voyant j'ai d'abord pensé qu'ils devaient être malades. Et puis je me suis rendu compte que non, et que c'était le temps qui les avait rendu comme cela. Quelle horreur, c'est le temps qui vous a fait cela ! Je n'ai pas dit cela mais... 

 

Le temps est donc quelque chose de bien étrange. Il semble que nous ne puissions pas y échapper et d'un autre côté, nous n'en avons jamais assez et il nous consume. Mais il y a encore quelque chose d'étrange : le temps, en réalité est à la fois passé et futur. C'est cela le temps. Mais le plus étrange, c'est qu'en fait vous ne vous trouvez jamais en présence ni du passé ni du futur. Jamais. Donc la chose étrange est que « maintenant » est toujours la seule chose qui soit. C'est toujours maintenant. 

Ainsi, bien que cela vous paraisse étrange, il ne vous ait jamais rien arrivé. Vous n'avez jamais rien fait ou vécu quoi que ce soit dans le passé. Ce qui vous est arrivé, quoi que ce puisse être, est obligatoirement dans le présent. Et comme le futur  n'arrive jamais, bien sur, quand il arrive, c'est maintenant ! Ainsi, même quand on se rappelle du passé, le souvenir n'est qu'une trace de mémoire à laquelle nous prêtons attention « maintenant ». Ce dont on se souvient, la forme pensée, ne peut surgir que « maintenant ». Donc le souvenir doit donc se dérouler obligatoirement dans le maintenant. Vous ne pouvez jamais échapper à « maintenant ».  Nous réalisons cette chose étrange qu'en réalité, il n'y a ni passé, ni futur, ni avenir dans votre vie. Le futur est ce qu'on envisage « maintenant ». Par conséquent, il n'y a pas de vie en dehors de « maintenant ». Donc, et cela peut paraître paradoxal. D'un côté le temps semble très puissant, il semble très réel et paraît nous affecter. Et pourtant si vous y regardez de plus près, il est introuvable. En regardant le temps, tout ce qu'on y trouve, c'est l'instant présent. Alors, quelque soit les effets du temps sur le corps, si au bout du compte le temps n'est pas réel, et peut-être que le corps ne l'est pas non plus, et que tous deux sont deux aspects de la même illusion... Mais mettons ceci de côté pour l'instant.

 

Et réalisons que notre vie entière se passe dans cet espace du maintenant. Elle n'a jamais été en dehors du maintenant et ne sera jamais en dehors du maintenant. Chose étrange, quand les gens sont piégés dans leur identité égocentrique fabriquée par le mental, tout ce qui compte pour eux est le passé ou l'avenir. Autrement dit, ils s'intéressent à tout sauf à ce qui est réel. Et ceci leur échappe presque continuellement. Et le moment présent est au mieux une marche qui leur permet d'atteindre le moment suivant. Et très souvent j'essaye d'échapper au moment présent, je résiste, je ne l'aime pas, je suis en route pour un autre lieu bien plus important, c'est le moment suivant. C'est là que je vais découvrir ce que je suis. Nous arrivons à une petite ouverture maintenant, une ouverture qui au début paraît très petite, et qui se situe au delà du mental conditionné. Elle mène à la libération de milliers d'années de conditionnements au travers de l'accès au pouvoir qui réside caché dans le moment présent. On pourrait dire que la transformation de conscience qui s'opère ici, est de simplement découvrir une nouvelle relation avec maintenant.

 

Une relation nouvelle avec maintenant. J'ai parlé plus tôt du besoin que ressent le soi fabriqué par le mental, d'avoir des problèmes et des ennemis. Et on pourrait dire que le pire ennemi de ce soi fabriqué par le mental, est le maintenant. Les gens ne réalisent pas qu'ils ont fait du maintenant un ennemi. Mais la transformation de la conscience n'est pas quelque chose qui pourrait vous arriver à un moment donné de la vie. La transformation de la conscience consiste à simplement s'aligner sur ce moment présent. Et cela, vous ne pouvez le faire que maintenant. Est-il possible de vivre de cette manière ? De telle sorte que vous accueillez ce moment, le seul qui soit à jamais, c'est toujours ce seul moment, il n'y a jamais que lui, c'est celui là, quelque soit sa forme vous l'accueillez.

 

Maintenant le petit moi dit « non cet instant présent ne me plait pas du tout, je veux y échapper, il ne participe pas à mon accomplissement. En fait c'est un obstacle aux buts que je voudrais atteindre, c'est un obstacle à mon histoire». C'est cela que représente le maintenant pour le moi.


Et le petit moi renchérit « ce maintenant est en train de saboter ma vie, mon histoire ». Voilà pourquoi j'ai besoin d'arriver au moment suivant. Vivre ainsi en résistance continuelle au maintenant constitue le dysfonctionnement structurel. La possibilité s'offre à nous maintenant de dire oui à ce moment, parce qu'il est, parce qu'il est constamment tel qu'il est. Et vous pourrez crier, hurler, vous plaindre, il restera tel qu'il est. Et le petit soi de dire « oui mais, je voudrais améliorer la condition du monde, je voudrais que le monde soit meilleur, ce moment est épouvantable, je ne veux pas accepter cette chose horrible ». Alors vous prenez la fuite, vous fuyez ce moment. Que se passe t-il alors ? En vérité, dans la forme que prend ce moment, et celle ci change continuellement, il y a l'espace du maintenant dans laquelle la forme apparaît, puis elle disparaît, mais en réalité elle demeure en tant qu'espace du maintenant. La forme s'étant évanouie,  le mental projette le passé pour intégrer ce qui vient d'arriver, mais en réalité tout se passe dans l'espace du maintenant. Tout survient dans le maintenant, puis tout se modifie.  Tout survient continuellement dans l'espace du maintenant. Il n'y a donc qu'un seul moment, qu'un seul maintenant, il ne vous quitte jamais, pas plusieurs moments, mais il y a plusieurs formes que ce moment peut prendre. Et quelque soit la forme que prend ce moment, quoi qu'il arrive, il ne s'agit pas d'un événement séparé, car il n'y a pas d'événements séparé.

 

 

Nous savons grâce aux enseignements traditionnels et à la physique moderne, que tout est interconnecté, et qu'il n'y a pas d'entité ou d'événements séparés. Et cela veut dire que ce qui apparaît dans le maintenant, ce qui se passe dans le maintenant, est une expression de la totalité, et cela signifie qu'il ne pourrait en être autrement. Le cosmos dans sa totalité a généré cela. D'où le caractère inévitable de la forme que ce moment peut prendre. Quand vous reconnaissez le caractère inéluctable de ce qui est, vous voyez alors la folie d'y résister. Car cette résistance ne fait que renforcer cette entité « moi ». Elle renforce cette illusion. C'est pourquoi le petit moi aime faire du maintenant son ennemi.

 

Et quand vous prenez conscience de cela, alors s'offre à vous la possibilité de vivre différemment. Et intérieurement, vous vous accordez au maintenant. Cela veut dire que vous permettez à ce moment d'être tel qu'il est. Le Bouddha a utilisé le mot « suchness », c'est à dire le fait que les choses sont telles quelles sont. Et le petit moi de dire « non, rien ne changera jamais, et vous resterez coincé dans cet insupportable maintenant pour le restant de vos jours ». Mais il ne se rend pas compte qu'il a été coincé dans ses propres schémas mentaux toute sa vie. Quand vous permettez à ce moment d'être, vous lui dites oui, oui, ce oui signifie la fin de millier d'années de conditionnements collectifs. Le non au maintenant, la réaction, le non qui réagit à ce moment, à la forme que prend ce moment, renforce la forme psychologique du moi.

 

Mais avec un oui, quelque soit la forme que prenne la situation, si vous lui apportez un oui, alors quelque chose d'étrange se produit. Vous pouvez dire que soudainement un espace se forme autour de ce qui arrive. Et l'espace intérieur émerge également, un sentiment de vastitude. Et ceci est l'émergence de la conscience inconditionnée. Et il y a une immense intelligence au sein de cette conscience inconditionnée. La conscience conditionnée, c'est le mental humain, qui n'est qu'un aspect partiel de cette immense intelligence « une ».

 

Donc quelque chose arrive, cela peut-être un défi qui survient à un moment donné de votre vie. La vie fait cela parfois. Cela se produit dans le champ du maintenant auquel vous ne résistez pas, mais à qui vous lui accordez simplement votre attention. Vous regardez cela. Cela apparaît et vous lui donnez simplement un flot continu d'attentions. Vous regardez. Et ceci est un changement énorme, la capacité à être simplement là, avec ce qui est dans cet état de vive attention.  Et dans cet état de vive attention, une immense intelligence est à l'oeuvre. Et si l'action est nécessaire, elle se produira et elle résultera non pas d'une résistance, mais de cette intelligence qui n'est rien d'autre que cet état de présence consciente. Il arrive souvent aussi qu'un facteur extérieur surgisse soudainement, ce que requiert une situation donnée. Par exemple un événement simultané. Etant maintenant connecté à cette intelligence une, qui n'est pas limitée à votre cerveau, vous pouvez donc maintenant accueillir la vie dans cet état d'ouverture quoiqu'il arrive, même si en surface les choses paraissent mauvaises. Il ne peut en être autrement, on ne peut pas discuter avec ce qui est, donc autant l'accueillir à bras ouverts. 

 

Mais, me direz-vous, n'y a t-il pas dans la vie des situations épouvantables, des injustices, des violences, des gens commettant des choses atroces envers les autres.... Etes-vous en train de me demander de ne rien faire ?  Observez ce qui se passe. Vous êtes là en tant qu'espace de l'intelligence inconditionnée. Mettez vous dans une situation, non pas en tant que petite entité combattive peureuse, en colère et qui voudrait créer un monde meilleur à partir de sa colère. Voyez par vous même qu'un monde véritablement transformé ne peut naître que d'un état de conscience transformé. C'est tout ce que nous avons besoin de réaliser, comme je l'ai déjà souligné plus tôt, la possibilité  d'accueillir tout ce qui se passe maintenant dans un état de « oui ».

 

Et soudainement le portail s'ouvre, laissant l'intelligence inconditionnée s'exprimer à travers vous et commencer à opérer dans votre vie. Vous êtes alors vécu par la vie. Alors vous pouvez vous promener, observer les choses, les laisser être totalement, que la compulsion de les cataloguer mentalement n'est plus là. Vous n'êtes donc plus coincé par les étiquettes, les concepts, les pensées. C'est cela, s'éveiller du rêve de la pensée. Cela ne veut pas dire que la pensée ne se produit plus, mais elle n'est reconnue comme n'étant que pensée. Vous la voyez pour ce qu'elle est ? Le fait de voir, c'est la conscience inconditionnée. Ici nous ne pouvons que la désigner, au travers des mots, mais le véritable enseignement est de percevoir l'espace à partir duquel naissent les mots. Certains d'entre vous ont étudié le zen.... de quoi cela parle t-il ? De ceci, du refus sans compromis de quitter «  maintenant », sauf pour des questions pratiques : nous nous rencontrerons demain à telle heure ? OK !  Retour à maintenant, maintenant.

 

Si on demande aux maîtres zen quel est le sens du zen,  certains vous frappent, d'autres vous donnent des explications absurdes, mais ... Il y avait un maître qui était devenu célèbre, car tout ce qu'il faisait, était de lever le doigt quand on lui demandait « Pouvez-vous nous expliquer le zen s'il vous plait ? » Oui (en levant le doigt... puis long silence).

 

Maintenant le dernier secret, le secret de maintenant, c'est de sentir ce maintenant directement, non pas en tant que ce qu'y s'y passe, mais en tant que le champ sous-jacent. Et alors vous réalisez que le « maintenant » n'est pas vraiment séparé de ce que vous êtes, parce que vous êtes ce champ de présence consciente. Différentes personnes ont utilisé différents mots pour le dire : c'est simplement « l'êtreté », la présence : je suis, mais je ne suis plus ceci ou cela. Quelque part dans la bible, Dieu se définit lui même quand on lui demande qui es-tu ? Quel est ton nom ? Dieu répond « je suis celui qui suis, je suis cela que je suis  ».  Je suis, c'est l'essence de l'être.

 

Ainsi, votre identité n'est plus cette petite histoire, mais ce champ, cet espace. Donc votre pratique spirituelle consiste simplement à dire « oui » au maintenant. Et souvent le vieux « non » refera surface, la vague de résistance à ce qui est. Alors que faites-vous ? 


Vous remarquez cette vague de résistance et vous dîtes ho ! , il y a un non. Et vous faîtes cela en tant qu'espace de la présence consciente. Néanmoins, vous vous souvenez quand même de vos rôles, et de votre passé. Ensuite vous devez continuellement vous ressaisir, quand vous vous retrouvez aspiré par les concepts, le moi conceptuel, et vous vous en rendez compte puisque vous devenez malheureux, et que vous souffrez, vous avez perdu le maintenant.  Où est le maintenant ? Mon passé, mon avenir... ?  Et tout d'un coup votre attention fait psitt... Ho... Il n'y a pas vraiment de problème ici, n'est-ce pas ? Et puis vous vous perdez à nouveau, et un objet aspire votre attention. Donc il y a un va et vient incessant, et de plus en plus vous marchez sur le fil étroit du « maintenant ». Magnifique !

 

 

Et là, nous retrouvons à nouveau le paradoxe du temps, je verrai certains d'entre vous dans ce qui ressemble à demain. Mais quand je serai avec vous ce ne sera pas demain  bizarre non ? Merci.

 

http://axial-media.over-blog.org/pages/La_transformation_de_la_conscience__Eckart_Tolle-477800.html

24.10.2008

Quand le futur ruine le présent

 

markets

Radar 23 octobre 2008 :

 

Lorsque la valeur des actifs baisse, la promesse de richesses futures qu'ils portaient tente de se réfugier dans le présent. Ce faisant, la dette future devient une dette pour le présent. Et le ruine.

On considère habituellement un actif, c'est-à-dire une épargne « placée » comme une richesse disponible. Mais cette disponibilité ne sera utilisée que dans un futur plus ou moins lointain. Le jour où ce droit de retrait sera exercé, l'emprunteur devra pouvoir extraire cette richesse du présent pour rembourser le créancier. A charge pour lui entre temps d'avoir utilisé ce prêt pour accroître les richesses tangibles. A l'inverse, lors de sa conversion en actif, l'épargne présente - liquide - change de nature. Elle abandonne sa forme de richesse actuelle, la monnaie - qui est une dette sur le présent au sens où elle porte en elle l'exigence d'une contrepartie dans les biens circulants - pour se transformer en une dette tirée sur un futur à venir, plus ou moins distant, selon ce que les professionnels appellent les « maturités », la durée de l'engagement.

Ce principe de base, que l'on peut appeler « conversion de maturité » - l'échange de présent pour un futur - est mis en œuvre à tous les niveaux de l'activité économique. Par les banques, bien sûr, mais aussi par les entreprises, les bourses, et même les Etats.

Or ces machines à transformer les maturités partagent toutes un point commun : lorsqu'elles sont soumises à des demandes de retraits massifs, elles s'effondrent. D'abord parce que la vente massive et simultanée des actifs crée à tout coup un marché baissier. Mais la raison fondamentale de cette faillite de la « conversion inverse de maturité », du futur au présent, est celle-ci : aucun présent ne peut supporter en même temps la réalisation de tous les futurs qui auraient du normalement s'échelonner.

Ces conversions - c'est-à-dire ces retraits - peuvent avoir classiquement plusieurs causes. Le manque de confiance apparemment injustifié lorsque les fondamentaux sont sains, on parle alors de crise de liquidité. Le manque de confiance justifié, lorsque l'établissement a fait des investissements générant des pertes, et c'est alors une crise d'insolvabilité. Et enfin un besoin pressant de liquidités de la part des déposants.

Dans la situation actuelle, faite de doute généralisé et de certitudes de pertes - dont le niveau réel est toujours indéterminé mais augmente mécaniquement plus cette crise se prolonge et se diffuse - ces trois ingrédients sont présents simultanément dans l'ensemble du système et se renforcent les uns les autres. Certains sont inquiets pour la valeur de leurs investissements, d'autres veulent « sortir » pour limiter leurs pertes et les derniers cherchent frénétiquement des liquidités pour couvrir des pertes déjà subies. Dans tous les cas, les ventes d'actifs requises pour rembourser les déposants poussent les prix à la baisse, en un cercle vicieux qui s'auto alimente.

Les paniques de retrait bancaire, dont le monde développé croyait qu'elles appartenaient au passé, sont l'archétype de ce mécanisme. Par nature, aucune banque, qui utilise des dépôts à court terme pour financer des investissements à long terme, ne peut résister à une demande massive de remboursement. Lorsque tous les déposants se présentent au guichet, n'importe quelle banque est mise en faillite, même si sa situation est saine. Cette réalité est comprise depuis fort longtemps, et c'est pourquoi toutes les banques de dépôts sont adossées à une banque centrale qui fournira le cas échéant les liquidités devant permettre de faire face à ce genre de situation.

Mais ces retraits ne ruinent pas uniquement les banques.

La bourse offre également un exemple de ce mécanisme. La capitalisation boursière n'est que virtuelle. Elle ne conserve sa valeur que tant que les demandes de retraits sont inférieures en nombre aux offres des investisseurs entrant sur le marché. Que tous les détenteurs d'actions tentent en même temps de sortir, de « réaliser » leur capital, et ils sont à coup sûr ruinés.

Les Etats - on le voit en ce moment - peuvent aussi être mis à genoux par une vague de retrait massif des capitaux étrangers. Lorsqu'un investisseur étranger veut rapatrier ses capitaux - le plus souvent en dollars - il doit convertir ses créances de la monnaie locale vers le billet vert. Que tous les investisseurs étrangers se mettent à vendre en même temps leurs devises locales contre des dollars et comme dans tous les marchés où les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs, le cours du bien - ici la monnaie du pays - s'effondre. C'est pour se préserver contre ce danger que les banques centrales des pays émergents ont accumulé force dollars ces dernières années. Elles peuvent ainsi jouer le rôle de l'acheteur de dernier recours et soutenir le cours de leur devise. Mais les volumes mis en jeu ces derniers temps ne leur permettront pas de tenir très longtemps. Autre cas de figure de conversion, une vente massive de bons du Trésor - américains par exemple ? - produirait le même résultat.

Dans tous ces cas, banques, bourses, Etats, le phénomène est le même. Les retraits qui auraient du en temps normal s'étaler dans le temps sont tous effectués au même moment et ce flot emporte peu à peu toutes les digues.

Comment pourrait-il en être autrement ? Car c'est en fait à un raccourcissement du temps auquel nous assistons. Les promesses de retraits futurs ne peuvent évidemment être tenues que si les demandes s'échelonnent l'une après l'autre. La conversion inverse des maturités - du long au court - de l'actif au liquide, équivaut une ponction sur la richesse du jour au moment où elle est effectuée.

Mais aucun présent ne peut suffire à réaliser toutes les promesses de futur en un seul jour.

Face à cette situation intenable par nature, il n'y a que de mauvaises solutions.

  Constater que les promesses ne seront pas tenues. L'actif est liquidé en une perte sèche : disparition des retraites gérées par les fonds de pensions, baisse de l'immobilier. Résultat : déflation.
  Adosser l'émetteur de la promesse à quelqu'un de plus solide - l'Etat - en espérant ainsi mettre un terme à l'exigence de preuve immédiate - au retrait. Ce faisant les dettes privées des banques deviennent les dettes publiques de l'Etat, donc des contribuables. Ce processus d'amplification de la dette et du risque associé compromet la valeur de la monnaie. Résultat à terme : inflation.
  Tenter d'incorporer au présent une partie de ce futur : émettre de la monnaie pour racheter les actifs. Résultat : inflation.
  Interdire d'exercer dans le présent son droit sur le futur : bloquer ou limiter les retraits, contrôler la circulation des capitaux, fermer les bourses. Résultat : reculer l'heure des comptes et accroître l'incertitude.

Dans tous les cas, cet afflux de futur au guichet du présent s'avèrera ruineux.

Mais au-delà du constat, cette grille de lecture - fort peu académique, au demeurant - de la crise comme l'expression d'un dysfonctionnement de la relation au temps peut donner aussi quelques clés de compréhension. Si l'on interprète la crise actuelle comme une inflation déraisonnable de futur soumis aujourd'hui à un processus de dégonflement subit, on peut lire différemment les processus qui ont encouragé cette inflation.

La dette : c'est le coupable le plus évident. Comme le rappelle Paul Jorion, le crédit à la consommation est une perversion fondamentale d'un mécanisme qui à l'origine n'a de sens que s'il permet d'accroître la production ou d'étaler dans le temps l'acquisition d'un bien durable au-delà de l'extinction de la dette. Le crédit à la consommation, cette traite sur le futur, qui en court-circuitant l'attente a pour effet de réduire les revenus de demain d'un montant supérieur à celui du bien consommé aujourd'hui, se traduit par un appauvrissement et rien d'autre. Il est l'inverse d'une augmentation de richesse tangible et durable. Et lorsque les ménages en sont réduits à l'emprunt pour subvenir à leurs dépenses courantes, l'empilement de ces traites garantit le non remboursement du principal. C'est le principe même du revolving, la dette éternelle.

Les inégalités : combien pèse un milliardaire en euros en année de travail de salarié français ? Retenez votre souffle. 55 555 ans. Plus de 50 millénaires, 25 fois l'unité de compte de la civilisation occidentale. Faites le calcul vous-même, divisez un milliard par 18 000 euros, 12 fois les 1500 euros du salaire net médian en France. En mobilisant le travail de 10 000 personnes durant cinq ans, on n'est sans doute pas loin de l'effort requis pour bâtir une pyramide. Voilà l'échelle de durée des nouveaux pharaons du temps présent. Celle d'un droit de tirage insensé sur les richesses produites par les sociétés, qui pour assurer simplement sa perpétuation exige une rémunération toujours plus élevée par le jeu des intérêts composés, et ce faisant induit un appauvrissement toujours plus grand de la société qui l'héberge. Inflation de futurs disions nous. C'est hyper-inflation qu'il faudrait écrire, en l'occurrence.

La spéculation : les mécanismes de vente à terme - les « futures », dans le jargon de la finance - ont à l'origine une raison d'être légitime. Protéger un producteur - en l'occurrence il s'agissait de cultivateurs - contre les variations erratiques des cours. En vendant par avance sa récolte à un prix estimé raisonnable, ceux-ci se garantissaient contre une éventuelle chute des prix. Dans ce modèle, la relation présent-futur est univoque. Un producteur se protège lui-même et uniquement lui-même. Mais ce mécanisme de protection a été étendu sans limite. Point n'est besoin aujourd'hui d'être détenteur du bien à vendre pour parier sur la valeur future de celui-ci. C'est le principe même de la vente à découvert - des naked shorts - qui sont en ce moment interdits par les autorités boursières. La aussi, l'inflation de futur par rapport au présent - au bien réel - produit ses effets néfastes en multipliant à l'infini les occasions de paris qui amplifient de façon fort néfaste les variations des cours, comme la récente fièvre sur le pétrole l'a à nouveau démontré. Certains diront sans doute qu'il faut être deux pour faire un pari, et que ce ne sont là que des transferts à somme nulle. Somme nulle ? Ce n'est sans doute pas l'avis des français qui ont du cet été raccourcir leur vacances à cause de la facture carburant, mais passons.

L'inflation des actifs boursiers : la hausse des cours de bourses est vue comme un bienfait, la preuve de la bonne santé de l'économie. Mais encore une fois, l'inflation de futur est à l'œuvre. Le critère couramment utilisé pour mesurer la valeur d'une action est le Price Earning Ratio, qui exprime la valeur de l'action en nombre d'années de dividendes perçus. Durant les phases spéculatives il peut atteindre 40. Ce qui signifie qu'à défaut de vendre, il faudrait patienter 40 ans pour retrouver le montant de son investissement. Pourtant, lorsque le PER est multiplié par deux, comme cela se produit en phase ascendante, aucune richesse réelle, tangible n'a été créée. Seul le droit de tirage sur cette richesse réelle l'a été. C'est une inflation de promesse. Autre exemple : lors de la bulle Internet, une autre métrique était utilisée pour estimer une entreprise : celle de la valeur du client. A l'époque, 4500 euros était devenu un chiffre courant, et certaines opérations de rachat se sont négociées jusqu'à 7500 euros par client. En prenant pour estimation on ne peut plus optimiste un chiffre d'affaire de 450 euros par an, le point mort, le seuil de rentabilité de l'investissement, n'aurait été atteint qu'après 10 ou 15 ans, c'est-à-dire en réalité jamais. Ces chiffres, parmi d'autres, montrent à quel point la déconnection peut être complète entre la « valeur » attribuée aux actifs et la réalité de l'activité économique sous jacente. Encore une fois, l'inflation des futurs, des promesses intenables, était à l'œuvre.

Le vieillissement de la population. C'est sans doute le point le plus aveugle, le moins évoqué, le moins compris de cette crise, relevant évidemment lui aussi de la relation au futur. Bien sûr, la question des retraites est centrale dans nos sociétés. On nous répète sur tous les tons que le système par répartition est compromis, voire intenable, et que la seule solution alternative à l'allongement de la carrière est l'épargne, la capitalisation. La thèse sous jacente étant que l'épargne transformée en investissement accroîtra la productivité, donc la quantité de richesses disponibles à partager dans le futur. Or cette assertion n'est pas vérifiée. L'afflux d'épargne ne se traduit pas - et de loin - entièrement par des investissements productifs. Il renforce une inflation artificielle des actifs, à commencer par la bourse. Dans le même temps, l'augmentation du poids relatif de la population retraitée se traduit par une ponction accrue sur la richesse produite, car dans tous les cas, répartition ou pas, le résultat est le même : les salariés doivent subvenir aux besoins des inactifs, que ce soit par la redistribution ou par la rémunération du capital. Une part croissante de la production de richesse qu'ils ont créé est donc distraite en direction des retraités. Cette transformation en profondeur de l'équilibre démographique a donc pour effet de distordre la structure des revenus et de la demande, et d'appauvrir les générations montantes, comme l'a observé Louis Chauvel. Mais c'est aussi un gisement majeur de carburant liquide alimentant une spéculation toujours grandissante et de plus en plus détachée de l'économie réelle.

Le prix de l'illusion

Certes aucune société, aucune structure, ne pourrait subir sans dommage la crise de conversion des maturités que nous subissons. Mais ce processus désastreux n'est pas un simple accident de parcours né d'une mauvaise appréciation du risque dans les officines de Wall Street. C'est aussi le règlement de compte d'une calamiteuse accumulation de promesses intenables, où l'illusion de la richesse infinie avait pris le pas sur le réel.

 

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2269

08:52 Écrit par Deniz dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, temps, present, dette |  Facebook |

07.08.2008

L'espace du présent par Eckhart Tolle

 

Natural%20Enlightenment

"La plupart des gens confondent le Présent avec ce qui s'y passe, mais ce n'est pas le cas. Le Présent est plus profond que ce qui s'y déroule : c'est l'espace dans lequel cela se déroule. Ne confondez donc pas le contenu de cet instant avec le Présent. Le Présent est plus profond que tout ce qu'il renferme. Lorsque vous entrez dans le Présent, vous sortez du contenu de votre mental. L'incessant flux mental ralentit.

Les pensées n'absorbent plus toute votre attention, ne vous aspirent pas complètement. Des écarts surviennent entre les pensées - ampleur, calme. Vous commencez à voir que vous êtes plus vaste et plus profond que vos pensées. Les pensées, les émotions, les perceptions sensorielles et toutes vos expériences composent le contenu de votre vie. « Ma vie », c'est ce dont vous tirez votre sentiment de soi, et « ma vie », c'est du contenu, ou du moins ce que vous croyez. Vous négligez continuellement l'évidence même : votre sens le plus intime du Je Suis n'a rien à voir avec ce qui se passe dans votre vie, ni avec son contenu. Ce sentiment de Je Suis est uni au Présent. Il est toujours le même. Dans l'enfance et la vieillesse, la santé ou la maladie, le succès ou l'échec, le Je Suis - l'espace du Présent - demeure inchangé en profondeur. Comme vous le confondez habituellement avec le contenu, vous ne le vivez, comme le Présent, que d'une manière faible et indirecte, par le contenu de votre vie. Autrement dit, votre sentiment d'être est obscurci par les circonstances, le flux de votre pensée et les mille choses de ce monde. Le Présent est assombri par le temps. Vous oubliez donc votre enracinement dans l'Être, votre réalité divine, et vous vous perdez dans le monde. La confusion, la colère, la dépression, la violence et le conflit surviennent lorsque les humains oublient qui ils sont. Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité : Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis".

Eckhart Tolle

Quiétude, chapitre 4, Éditions Ariane.

http://www.choix-realite.org/?3750-l-espace-du-present-par-eckhart-tolle

10:36 Écrit par Deniz dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : present |  Facebook |